NOUVELLES

Hells Angels: une culture de l'intimidation et de la violence

05/09/2013 08:42 EDT | Actualisé 05/11/2013 05:12 EST
Capture d'écran

Le sergent-enquêteur de la Sûreté du Québec Alain Belleau a terminé son témoignage sur l'organisation criminelle des Hells Angels. Après avoir complété ses explications, entamées hier, sur leur hiérarchie et sur la façon dont les décisions sont prises, l'expert en renseignement criminel s'est attardé à la signification des vestes portées par ces motards criminels, soit leurs « couleurs », qui indiquent leur rang dans l'organisation.

Seuls les membres en règle, a-t-il notamment expliqué, ont le droit d'arborer la tête de mort sur leur veste.

Alain Belleau s'est par la suite penché sur la signification des bijoux et des tatous qu'arborent certains motards criminels, soit tout un attirail qui, avec les vestes, sert à intimider et à marquer leur territoire.

Il a par ailleurs, toujours à l'aide de photos, parler de repaires de Hells Angels, des domaines munis de systèmes d'alarme, de caméras, de détecteurs de mouvements et de guérites, où une garde est organisé 24 heures sur 24.

Les Hells Angels sont régis par de nombreuses règles qui les obligent notamment à posséder une moto Harley Davidson, leur interdisent tout trafic ou usage d'héroïne, ou encore contraignent tout membre renvoyé à recouvrir ou faire effacer ses tatous du club.

Par ailleurs, si un membre ne paie pas ce qu'il doit à l'organisation ou ne respecte pas les règles sur le trafic de drogue, les conséquences vont du renvoi hors du club à la mort.

Le trafic de drogue est la principale activité des Hells Angels, mais ils sont aussi actifs dans la prostitution, le prêt usuraire, le trafic d'armes à feu et le blanchiment d'argent.

Les Hells Angels, rappelle M. Belleau, sont considérés comme une organisation criminelle au Canada.

L'enquêteur Belleau a expliqué que dans la foulée de frappes policières comme l'opération Printemps 2001, les Hells Angels ont commencé à infiltrer en masse l'économie légale, que ce soit des bars, des agences de placement de danseuses, l'industrie du sport extrême ou encore la construction. Il s'agit de domaines où circule beaucoup d'argent comptant, souligne-t-il.

Le sergent-enquêteur estime que 80 % des membres des Hells Angels sont propriétaires d'entreprises ou en sont actionnaires. Souvent, il s'agit d'entreprises officiellement actives, mais sans employés, qui servent au blanchiment d'argent.

De nombreuses requêtes devant la commission

La commission Charbonneau entend à partir de maintenant, et jusqu'à l'ajournement de ses audiences en fin de journée, une série de huit requêtes dont le sort influencera la façon dont se dérouleront les audiences publiques au cours des deux prochaines semaines. Certaines de ces requêtes seront entendues sous ordonnance de non-publication.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales doit notamment présenter plusieurs requêtes en ordonnance de non-publication pour des témoignages qui doivent être livrés au cours des deux prochaines semaines au sujet de l'infiltration du crime organisé dans l'économie légale et les syndicats de la construction.

Les noms de ces témoins ne sont pas connus.

La procureure en chef Sonia Lebel avait expliqué mardi, lors de son allocution d'ouverture, que les prochains témoins permettraient à la commission d'examiner différentes questions, dont :

  • l'intérêt pour le crime organisé d'acquérir des entreprises ou le contrôle dans des secteurs donnés de l'industrie;
  • l'intérêt de développer des liens avec des dirigeants de syndicats, que ce soit par le crime organisé ou tout autre acteur de l'industrie;
  • l'attrait que peut représenter l'accessibilité à de grandes ressources de main-d'oeuvre et de capitaux, ainsi que l'influence économique et politique qui peut en découler;
  • l'influence que peut avoir la main-d'oeuvre sur l'octroi et la gestion des contrats publics.

Les avocats vont aussi débattre jeudi du moment où une ordonnance de non-publication rétroactive frappera les articles écrits le printemps dernier au sujet des témoins qui sont concernés par les procès consécutifs à l'opération Honorer, portant sur la collusion à Laval.

La commission a accepté que les propos de ces témoins, qu'il s'agisse d'accusés ou de futurs témoins lors des procès criminels, puissent rester sur les sites Internet des médias, à condition que les médias cessent d'y référer à compter d'une certaine date, pour ne pas compromettre l'équité procédurale dans ce dossier.

INOLTRE SU HUFFPOST

La commission Charbonneau en bref