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Syrie: toute action doit d'abord passer par l'ONU, prévient Poutine

04/09/2013 05:29 EDT | Actualisé 04/11/2013 05:12 EST
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À quelques heures du sommet du G20, en Russie, le président Vladimir Poutine prévient que toute action militaire contre la Syrie non approuvée par l'ONU constituerait un acte d'agression.

Dans une interview accordée à l'Associated Press et à la première chaîne de télévision russe, diffusée mercredi sur le site Internet du Kremlin, le président russe n'exclut pas de donner son accord à une opération militaire en Syrie, mais qu'il le fera seulement s'il est prouvé hors de tout doute que le gouvernement syrien a bel et bien utilisé des armes chimiques et que l'opération soit au préalable approuvée par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, avait tenu des propos similaires la veille, ajoutant cependant que si cette attaque chimique était confirmée par les enquêteurs de l'ONU, le Conseil de sécurité devrait surmonter ses divisions et agir contre la Syrie.

« Le Congrès américain n'est pas habilité à approuver l'usage de la force contre la Syrie sans décision idoine du Conseil de sécurité des Nations unies et un tel feu vert de sa part constituerait un acte d'agression », explique Vladimir Poutine.

En attendant la démonstration de la culpabilité de son allié syrien, Vladimir Poutine confirme que la Russie maintiendra ses livraisons d'armes au gouvernement syrien.

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La crédibilité de toute la communauté internationale en jeu, selon Obama

En visite à Stockholm, en Suède, le président des États-Unis, Barack Obama, a expliqué mercredi que le régime syrien a franchi une « ligne rouge » en utilisant des armes chimiques contre son peuple.

« Je n'ai pas fixé une ligne rouge, le monde a fixé une ligne rouge », a poursuivi le président Obama en faisant allusion à la convention internationale sur l'interdiction des armes chimiques.

Pour Barack Obama, ce n'est pas que la crédibilité du Congrès américain qui est en jeu dans cette affaire, ni même sa propre crédibilité, mais bien celle de la communauté internationale dans son ensemble quant à sa volonté de faire respecter cette importante convention internationale.

Il y a un an Washington avait prévenu que l'utilisation d'armes chimiques ou biologiques dans la guerre civile en Syrie, que ce soit par les forces rebelles ou gouvernementales, entraînerait des sanctions de la part des États-Unis.

Une réaction s'impose, martèle Jean-Marc Ayrault 

La position de Washington a eu de vibrants échos mercredi à l'Assemblée nationale française où le premier ministre Jean-Marc Ayrault a exhorté les députés à appuyer le recours à la force en réponse aux « crimes de guerre » du régime syrien. 

Lors d'un discours enflammé, Jean-Marc Ayrault a déclaré qu'il s'agit bel et bien d'un crime de guerre, que des armes chimiques ont bel et bien été utilisées et que c'est Damas qui les a utilisées. Il est impératif selon lui d'agir pour dissuader le régime de Bachar Al-Assad d'avoir recours à de telles armes à nouveau.

Aucun vote sur la question n'est prévu pour l'instant à l'Assemblée nationale, même si un sondage publié mardi montre que 74 % des Français voudraient voir l'Assemblée nationale se prononce sur la question.

La crise syrienne s'invite au G20

La Syrie devrait par ailleurs occuper beaucoup d'espace dans les discussions du sommet du G20 de Saint-Pétersbourg, qui s'ouvrira jeudi, en Russie.

Ce séjour en Europe du président des États-Unis, Barack Obama, devrait être largement consacré à rallier davantage de partenaires étrangers à sa cause contre le régime de Bachar Al-Assad, qu'il accuse, comme plusieurs, d'avoir commis une attaque chimique meurtrière en banlieue de Damas..

Le président Obama s'entretiendra sur ce sujet en tête-à-tête avec ses homologues français François Hollande et chinois Xi Jinping en marge du sommet, a annoncé mercredi un responsable de la Maison-Blanche.

Conflit syrien : onde de choc au Moyen-Orient

Le président français, François Hollande, est en faveur d'une frappe éclair en Syrie, mais exige la formation d'une coalition internationale avant de procéder. 

Quant à Xi Jinping, le président chinois, il s'oppose à des « actions militaires bilatérales » en Syrie et souhaite une « solution politique » à la crise. Le veto que la Chine possède au Conseil de sécurité des Nations unies, de même que celui de la Russie, qui tient un discours similaire, explique d'ailleurs pourquoi la communauté internationale n'est pas encore intervenue militairement en Syrie.

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