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Vic + Flo ont vu un ours, de Denis Côté, prend l'affiche en France

04/09/2013 02:55 EDT | Actualisé 04/11/2013 05:12 EST

PARIS - «Vic + Flo ont vu un ours», le nouveau film de Denis Côté, a pris l'affiche mercredi en France, 48 heures avant sa sortie au Québec.

Il s'agit ici d'une petite sortie: le long-métrage, qui met en vedette Pierrette Robitaille et Romane Bohringer, est projeté dans 20 salles à travers le pays, dont trois à Paris, ce qui explique peut-être que toute la presse n'en ait pas parlé, contrairement à la pratique habituelle. Mais la critique, sans être aussi dithyrambique qu'elle l'avait été envers le documentaire «Bestiaire» l'année dernière, est plutôt positive.

Cela est particulièrement vrai du côté de la presse «pointue» et cinéphilique. Très enthousiaste, le magazine culturel Transfuge parle ainsi d'un «ovni», «un conte noir, une pastorale doucement déglinguée et surréaliste perdue en plein Canada». Pour le magazine, qui existe en format papier et sur le Web, Vic + Flo est un «conte de fées pour grandes personnes» et relève d'un cinéma «vrai, vivace, aventureux».

«On ne parle pas des films du hipster de service, Xavier Dolan, confits dans leurs poses chic et toc, mais de la folie douce, parfois narquoise de Denis Côté, qui invente un surréalisme crépusculaire made in Québec», écrit le magazine.

Autre magazine influent et branché, Les Inrockuptibles saluent le sens de l'incongruité de Côté et signalent que le «jeune cinéaste québécois s'impose avec un thriller intimiste, original et sylvestre».

Même son de cloche dans les (jadis influents) Cahiers du cinéma, pour qui «le style de Côté, parcouru de trous et de ruptures de ton, fait naître des surprises à chaque recoin d'un thème balisé _ l'inquiétude amoureuse _ et slalome sur les voies pourtant rigides de la fatalité».

Le Monde décrit pour sa part «Vic + Flo» comme un «duo lesbien détonnant au coeur d'un conte cruel».

«Denis Côté mélange joyeusement les genres et s'affranchit de toute convention», a jugé le quotidien, en soulignant que le réalisateur québécois explorait «des territoires cinématographiques inédits, à la fois âpres, sauvages et sensuels».

«Ruptures de ton, enchaînement déconcertant des séquences, le tout mâtiné d'absurde et de surnaturel, donnent à ce film toute son audace», conclut Le Monde.

L'influent hebdomadaire Télérama a été plus réservé, estimant que Vic + Flo, «beaucoup plus linéaire» que «Curling» par exemple, se prêtait «moins bien aux obsessions formalistes» de Denis Côté, présenté comme un «styliste audacieux».

Cela n'empêche pas, toutefois, le réalisateur de maintenir à coups d'ellipses «l'atmosphère menaçante de ce huis clos en forêt» et de réussir «des trouées de violence au grotesque glaçant», signale Télérama.

Le Nouvel Observateur, qui avait trouvé «Curling remarquable», n'a pas été conquis en revanche par «Vic + Flo ont vu un ours».

«Denis Côté distille une ambiance étrange et sardonique faite de situations insolites, de dialogues insolents et de rapports amoureux ambigus. Mais égare ces qualités dans un scénario à la ligne directrice trop floue», a résumé l'hebdomadaire.

Paris Match, dont l'univers est à mille lieux du cinéma d'auteur, a avoué pour sa part «être resté à quai devant cette histoire invraisemblable qui joue avec les clichés mais oublie la cohérence» et «peu séduit par cette absurdité sur-signifiante vendue comme de l'originalité alors qu'elle est justement devenue une habitude des productions indépendantes».

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