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Une commission du Sénat américain autorise une intervention militaire en Syrie

04/09/2013 01:36 EDT | Actualisé 04/11/2013 05:12 EST

WASHINGTON - Une commission du Sénat des États-Unis a approuvé, mercredi, une résolution donnant au président Barack Obama l'autorité d'utiliser la force militaire en Syrie en réponse à l'attaque chimique meurtrière du mois d'août.

Le vote de la commission des affaires étrangères du Sénat était le premier d'une série de votes au Congrès en vue d'autoriser une action militaire en Syrie. Un vote final des deux chambres doit avoir lieu la semaine prochaine.

Le texte autorise le président Barack Obama à ordonner une mission militaire limitée en Syrie, qui ne devra pas durer plus de 90 jours ni impliquer le déploiement de soldats américains au sol pour des opérations de combat.

Les membres de la commission des affaires étrangères du Sénat ont appuyé la résolution par un vote de 10 contre 7. La mesure devrait être soumise à l'ensemble des sénateurs la semaine prochaine, mais la date du vote est incertaine pour le moment.

C'est la première fois que les membres du Congrès américain sont appelés à autoriser une opération militaire depuis octobre 2002, lors des votes qui avaient donné au président George W. Bush l'autorité d'envahir l'Irak.

L'administration Obama risque d'avoir plus de difficulté à rallier les appuis à la Chambre des représentants, dominée par les républicains. Le secrétaire d'État, John Kerry, et d'autres hauts responsables de l'administration ont fait valoir leur point de vue mercredi lors d'une audience houleuse devant la Chambre.

Le président Obama, qui se trouvait en Suède mercredi avant de participer au sommet économique du G20 en Russie, a déclaré que la crédibilité de la communauté internationale était en jeu dans le débat sur une réplique militaire en Syrie.

L'administration Obama affirme qu'une attaque au gaz sarin menée par les forces du président syrien Bachar el-Assad près de Damas le 21 août a fait plus de 1400 morts, dont des centaines d'enfants. Le gouvernement syrien nie toute responsabilité dans l'attaque.

Interrogé mercredi sur ses commentaires passés au sujet d'une «ligne rouge» à ne pas franchir en Syrie, M. Obama a déclaré que cette ligne rouge avait déjà été tracée par le traité sur les armes chimiques, ratifié par de nombreux pays à travers le monde.

«Ce n'est pas une chose que j'ai inventée», a-t-il dit.

Le vote de la commission des affaires étrangères du Sénat a été retardé mercredi, après que le sénateur républicain John McCain, un partisan déclaré d'une intervention contre le régime de Bachar el-Assad, eut affirmé qu'il ne soutenait pas la résolution.

M. McCain demandait plus que des frappes de missiles de croisière et d'autres actions limitées, réclamant une réponse plus forte visant à «renverser le cours de la guerre sur le terrain» et à accélérer le départ du président El-Assad.

L'administration Obama doit encore persuader la Chambre des représentants, qui s'est opposée à presque tous les projets du président depuis que les républicains ont obtenu la majorité à la chambre il y a plus de trois ans.

Le principal leader républicain du Congrès, le président de la Chambre des représentants John Boehner, a annoncé qu'il appuierait une intervention américaine en Syrie. Les États-Unis «ont des ennemis à travers le monde qui doivent comprendre que nous n'allons pas tolérer ce genre de comportement», a-t-il dit.

Des journalistes ont demandé à Barack Obama mercredi ce qu'il ferait si le Congrès votait contre une intervention en Syrie. En tant que commandant en chef, a-t-il dit, «je conserve toujours le droit et la responsabilité d'agir au nom de la sécurité nationale des États-Unis».

Pour l'instant, M. Obama a peu d'appuis internationaux en faveur d'une opération contre le régime syrien. Parmi les alliés majeurs des États-Unis, seule la France a exprimé publiquement sa volonté de participer à des frappes militaires.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a prévenu mardi que toute action «punitive» contre la Syrie serait illégale en l'absence d'une situation de légitime défense ou sans l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU, où la Russie et la Chine ont utilisé leur droit de veto pour bloquer toute action contre le gouvernement syrien.

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