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Blanchet d'accord avec le plan de gestion des BPC soumis par Reliance

04/09/2013 07:50 EDT | Actualisé 04/11/2013 05:12 EST
Radio-Canada.CA

Bien qu'il continue de se méfier de l'entreprise Reliance, le gouvernement du Québec accepte le plan de décontamination du site de Pointe-Claire où elle entrepose illégalement des produits contenant des BPC.

Le ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet, a confirmé qu'il acceptait le plan de sécurisation et de décontamination du site de l'entreprise Reliance, mercredi matin à l'entrée du caucus. La société Les Équipements de Puissance Reliance devait présenter, avant minuit dans la nuit de mardi à mercredi, un plan préliminaire pour sécuriser le site et planifier l'évacuation, le transport et l'élimination des matières dangereuses présentes sur le site de Pointe-Claire. L'entreprise a respecté le délai prescrit lors de son engagement imposé par Québec.

« Les sous-traitants envisagés sont des gens de grande expérience dont on sait qu'ils ont la compétence pour le faire », a expliqué M. Blanchet en se disant satisfait du plan remis par Les Entreprises de Puissance Reliance. « On a reçu le plan hier. Ils ont été rapides. Le plan est complet, le plan est satisfaisant, le plan nous permet d'atteindre les objectifs en terme de sécurité. »

Le ministère de l'Environnement aura toutefois un œil attentif sur les travaux effectués par Reliance. M. Blanchet a précisé que son ministère aura des employés sur place, à Pointe-Claire, pour accompagner l'entreprise. Ils veilleront au respect des normes du ministère et des engagements de l'entreprise.

Le ministère de l'Environnement se tient prêt à prendre le contrôle du site de l'entreprise en cas de manquement à ses engagements techniques ou financiers.

L'enquête se poursuit

Le ministre Blanchet continue de se méfier de l'entreprise. « Le passé de cette entreprise-là est ce qu'il est, ce n'est pas reluisant, et prétendre ne pas l'avoir su - par qui que ce soit d'ailleurs - n'est pas une réponse satisfaisante », souligne-t-il. Il précise que les propriétaires auraient dû retenir la leçon après leurs premiers démêlés avec le ministère, il y a plusieurs années. « Donc, je ne les dédouane pas et la procédure qui pourrait mener à une démarche pénale va continuer. »

La situation de l'entreprise demeure précaire puisque le gouvernement a obtenu un jugement lui permettant de récupérer tous les documents utiles pour l'enquête en cours. Le ministre Blanchet, avait laissé entendre la semaine dernière que des employés de Reliance avaient déménagé des documents pendant la nuit précédant la fin de l'avis préalable émis par Québec pour forcer Reliance à nettoyer le site. Le gouvernement du Québec poursuit son enquête sur l'entreposage illégal des matières dangereuses sur le site de Pointe-Claire et déposera, le cas échéant, des accusations criminelles contre les propriétaires de l'entreprise.

Aucune activité n'était perceptible sur le site de l'entreprise de Pointe-Claire mercredi matin. Seuls des gardiens de sécurité et des policiers montaient la garde devant le site, une mesure exigée par le gouvernement en raison de la présence de matières dangereuses et l'absence de système de surveillance.

Réaction tardive de Reliance

Le 26 mars dernier, plus de 1000 litres d'huile et d'eau huileuse présentant une importante concentration de BPC se sont déversés sur le terrain de Reliance. Cette information a été confirmée le mardi 27 août par M. Blanchet, qui a précisé que son ministère était en contact avec l'entreprise depuis cinq mois pour régler le problème.

Devant l'inertie de l'entreprise, le ministère de l'Environnement a émis un avis préalable expirant à 23 h 59, le 28 août dernier, à Reliance sans que la société n'y réponde. Une ordonnance avait alors été envoyée, allouant un dernier délai de 24 h à l'entreprise pour signifier son intention de nettoyer le site, sans quoi le gouvernement devait sécuriser lui-même le site.

En août 1988, l'explosion d'un entrepôt de BPC à Saint-Basile-le-Grand avait mis en lumière les dangers d'entreposer ce produit toxique cancérigène, dont l'utilisation commerciale est interdite.