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Syrie: un rapport intérimaire de l'ONU sur les armes chimiques le 10 septembre

04/09/2013 08:16 EDT | Actualisé 04/11/2013 05:12 EST
AFP

Un rapport intérimaire de l'ONU sur l'utilisation d'armes chimiques lors d'une attaque survenue le 21 août dernier en Syrie sera remis mardi prochain, en plein milieu du débat au Congrès américain sur d'éventuelles frappes militaires.

C'est ce que Jocelyn Coulon, directeur du réseau francophone de recherche sur les opérations de paix du CERIUM, a affirmé à l'émission 24/60, mercredi soir. Le politologue est présentement au siège de l'ONU à New York.

Si plusieurs gouvernements et l'opinion publique se demandent présentement quelles informations ont été obtenues par les inspecteurs de l'ONU dans la banlieue de Damas, où s'est produite l'attaque du 21 août, M. Coulon dit avoir appris que les grandes puissances, elles, ne souhaitent pas voir leur rapport.

Or, Ban Ki-moon a résisté à leurs pressions, expose M. Coulon. « Il a dit : moi, j'ai un mandat avec des inspecteurs indépendants des grandes puissances », explique le politologue, qui ajoute que le secrétaire général de l'ONU peut avoir un regard « distancié » sur ce qui s'est produit le 21 août.

En quoi les preuves amassées par les inspecteurs de l'ONU peuvent-elles différer des éléments que la France a soumis comme preuves ou de celles que Washington dit détenir? « Les preuves des inspecteurs sont des preuves colligées in situ, c'est à dire là où l'événement s'est déroulé », répond Jocelyn Coulon. « Les inspecteurs ont interrogé les témoins, ils ont recueilli des échantillons de sang, d'urine, ils ont recueilli aussi des morceaux d'obus ou tout autre matériel sur place et les ont ramenés en Europe. Et ces matériaux sont en ce moment examiné par des laboratoires suédois et finlandais - entre autres ».

Les preuves des Américains et des Français, pour leur part, s'appuient sur de l'écoute électronique, sur des photographies et sur des témoignages de l'opposition, dit le politologue.

« Ce dont l'ONU veut s'assurer, c'est qu'il y ait un regard indépendant sur cette affaire, sinon, on va se retrouver dans la même situation qu'en 2002-2003, où les Américains étaient juge et partie et les inspecteurs ont été écartés alors qu'en fait, les inspecteurs de l'ONU [au sujet des armes de destruction massive en Irak], ils avaient raison ».

Le rapport de l'ONU ne vise pas à déterminer qui, des rebelles ou du régime syrien, est responsable de l'attaque. Le rapport doit plutôt répondre aux questions sur l'existence de cette attaque chimique, sur les gaz qui ont été utilisés et sur la direction dans laquelle les obus ont été lancés.

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