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Le premier ministre français plaide en faveur d'une intervention en Syrie

04/09/2013 12:59 EDT | Actualisé 04/11/2013 05:12 EST

PARIS - Le premier ministre français a lancé mercredi un appel passionné en faveur d'une intervention militaire en Syrie, attribuant la responsabilité de l'attaque chimique au régime de Bachar el-Assad et prévenant que l'inaction permettrait à celui-ci de perpétrer d'autres atrocités.

Le premier ministre Jean-Marc Ayrault s'est adressé à l'Assemblée nationale au début du débat sur une éventuelle intervention française en Syrie. Le débat se terminera sans vote, puisque le président François Hollande n'en a pas besoin pour lancer une intervention militaire de moins de quatre mois, mais il s'inscrit dans la volonté du gouvernement français de rallier les appuis face à un projet peu populaire.

La débat en France donne également un aperçu du défi qui attend l'administration Obama quand le Congrès débattra sur une intervention en Syrie la semaine prochaine.

Les États-Unis et la France accusent le gouvernement du président Bachar el-Assad d'avoir eu recours à des armes chimiques le 21 août dans les banlieues de Damas, tuant des centaines de personnes. MM. Obama et Hollande veulent punir le régime syrien pour avoir utilisé des gaz chimiques contre des civils, même si les autorités américaines assurent que toute opération sera d'une ampleur limitée et n'aura pas pour but de déloger le président syrien du pouvoir.

Le gouvernement français se trouve dans une situation particulièrement difficile, plusieurs membres de l'opposition estimant que le président Hollande agit comme le chien de compagnie des États-Unis, la seule autre grande puissance qui envisage de lancer une opération en Syrie.

M. Ayrault a insisté pour dire que la certitude des faits relativement à l'attaque chimique provenait de sources françaises. Mais il a mentionné pour la première fois un bilan avoisinant les 1500 morts, ce qui correspond au bilan évoqué par les États-Unis.

«Le régime syrien porte l'entière responsabilité» de l'attaque chimique, a déclaré M. Ayrault. «Ne pas réagir enverrait un terrible message à Bachar el-Assad et au peuple syrien: les armes chimiques pourront être utilisées de nouveau, à Damas, à Alep et peut-être de façon plus large.»

Le premier ministre a fait valoir qu'une réplique militaire permettrait de renverser le cours de la guerre en Syrie, où les forces gouvernementales semblent avoir repris le dessus depuis quelque mois. Selon M. Ayrault, il s'agit de la seule façon de convaincre le président syrien de négocier avec l'opposition et les rebelles.

Le président du Parlement syrien a fait parvenir une lettre à son homologue français avant la tenue du débat de mercredi, appelant les députés à ne pas prendre de décisions «précipitées».

Des députés syriens avaient envoyé une lettre semblable au Royaume-Uni avant le vote des parlementaires britanniques, qui ont rejeté une intervention militaire en Syrie la semaine dernière.

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