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Le Mexique va de l'avant avec une vaste réforme de son système d'éducation

04/09/2013 07:19 EDT | Actualisé 04/11/2013 05:12 EST

MEXICO - Le Sénat mexicain a facilement approuvé, tôt mercredi, l'ambitieuse réforme du système d'éducation proposée par le président Enrique Pena Nieto.

La réforme devrait permettre au gouvernement de briser l'emprise presque totale dont profitent les syndicats sur le personnel des écoles, y compris la vente et le transfert héréditaire des postes d'enseignant.

Le plus puissant syndicat du pays, le SNTE, s'était tout d'abord opposé à ces réformes. Cette opposition s'est toutefois effondrée quand la présidente du syndicat, Elba Esther Gordillo, a été arrêtée pour fraude et corruption en février. Elle demeure incarcérée en l'attente de son procès.

Un autre syndicat du milieu de l'enseignement, le CNTE, a de son côté obtenu certaines concessions du gouvernement après avoir mobilisé des milliers de membres dans les rues de la capitale, Mexico, pendant plus d'une semaine.

Le pouvoir des syndicats découlait d'une alliance tactite formée il y a plus de 50 ans avec le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI). Les syndicats avaient obtenu une main-mise sur le système d'éducation, en échange de leur appui au gouvernement.

Au sein de l'OCDE, seule la Nouvelle-Zélande consacre une plus grande partie de son budget que le Mexique à son système d'éducation. Pourtant, seulement 47 pour cent des étudiants mexicains complètent l'équivalent du cours secondaire et le ratio de 25 élèves pour chaque enseignant mexicain est le plus élevé de l'OCDE.

La réforme adoptée mercredi devrait notamment mettre fin aux paiements de plus de 100 millions $ US qui seraient versés chaque année à des enseignants qui agissent comme organisateurs syndicaux à temps plein, pratiquement sans jamais mettre les pieds en classe. Certains représentants syndicaux empocheraient des centaines de milliers de dollars chaque semestre.

La réforme devait aussi permettre au gouvernement d'accorder les postes disponibles aux candidats ayant obtenu la meilleure note à un examen normalisé, plutôt que de confier l'octroi des emplois aux syndicats. Toutefois, certaines concessions accordées au CNTE, notamment en ce qui concerne les recours dont disposeront les pires enseignants, ont quelque peu affaibli cette mesure.

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