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La Banque du Canada maintient son taux directeur inchangé à un pour cent

04/09/2013 10:01 EDT | Actualisé 04/11/2013 05:12 EST

OTTAWA - La Banque du Canada a maintenu mercredi son taux d'intérêt directeur à un pour cent, où il se trouve depuis septembre 2010.

Puisque les économistes s'attendent en grande majorité à ce que la banque centrale garde son taux directeur inchangé jusqu'à l'année prochaine, l'annonce de mercredi n'a étonné personne.

«La banque a précisément fait ce qu'on attendait d'elle aujourd'hui: rien», a illustré l'économiste en chef de BMO Marchés des capitaux, Doug Porter, dans une note aux investisseurs.

«Si ça se trouve, le ton de sa déclaration était légèrement plus conciliant, avec une remarque sur le contexte mondial plus modéré, une moins grande certitude quant à l'écart de production et une attitude encore relativement décontractée face à l'endettement des ménages.»

«En conclusion, nous nous attendons toujours à une assez longue période l'inactivité de la part de la banque, et nous pourrions bien être rendus à près de quatre ans de taux inchangé dans environ un an.»

L'approche attentiste semble satisfaire le gouverneur de la banque centrale, Stephen Poloz. Il occupe son poste depuis le début juin et ne montre aucun signe de vouloir rompre avec la politique monétaire de son prédécesseur, Mark Carney, qui occupe maintenant les mêmes fonctions à la Banque d'Angleterre.

«Tous ces éléments démontrent que la banque centrale croit que la croissance va reprendre en 2014 et qu'elle nécessitera éventuellement des taux plus élevés, mais qu'elle est contente de rester sur la touche et d'attendre une preuve substantielle qu'une telle accélération est en cours avant de hausser les taux», a estimé l'économiste en chef de Marchés mondiaux CIBC, Avery Shenfeld, dans une note aux investisseurs.

«Nous prévoyons toujours que la première hausse aura lieu au début 2015, avec certains risques d'une hausse à la fin 2014 s'il y a des surprises à la hausse par rapport à nos prévisions.»

Dans la note explicative de son annonce, la Banque du Canada a indiqué qu'elle n'avait pas l'intention d'apporter de changement à sa politique monétaire tant que l'économie afficherait une marge importante de capacités inutilisées, que les perspectives quant à l'inflation resteraient faibles et que les finances des ménages continueraient à s'améliorer.

La faiblesse des exportations et des investissements des entreprises ont ralenti la croissance économique du pays, a précisé la banque.

«Les conditions économiques incertaines à l’échelle du globe semblent retarder le déplacement anticipé de la demande au Canada vers les exportations et les investissements», a écrit la banque.

Pour appuyer cet élément, de nouvelles données dévoilées mercredi par Statistique Canada ont montré que les exportations du pays avaient reculé à 39,2 milliards $ en juillet, une baisse de 0,6 pour cent par rapport au mois précédent.

Entre-temps, les importations ont légèrement progressé, ce qui a poussé le déficit commercial du Canada avec le reste du monde à 931 millions $ en juillet. Il était à 460 millions $ en juin.

La Banque du Canada a par ailleurs noté que le secteur du logement s'était raffermi de façon légèrement plus importante que prévu, tandis que la croissance du crédit aux ménages avait continué à ralentir et que les taux d'intérêt hypothécaires progressaient. Selon la banque, tout cela semble indiquer «que l’évolution des déséquilibres touchant le secteur des ménages demeurera constructive».

La Banque du Canada a aussi indiqué que l'économie mondiale était moins vigoureuse que prévu.

«En Europe, on observe les premiers signes d’une reprise et au Japon, la situation demeure prometteuse», a-t-elle précisé.

«Dans un certain nombre d’économies émergentes, la volatilité financière s’est accrue, rendant ainsi plus incertaines les perspectives de croissance, quoique l’expansion en Chine se poursuit à une cadence solide.»

Même si les prix des matières premières ont été relativement stables, la banque centrale fait remarquer que les tensions géopolitiques — qui comprennent probablement le conflit en Syrie et la crise en Égypte — font grimper le prix du pétrole à travers le monde.

La prochaine décision de la banque centrale quant à sa politique monétaire est prévue pour le 23 octobre.

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