POLITIQUE

Le premier ministre Harper se rend au sommet du G20 sur fond de crise en Syrie

04/09/2013 06:04 EDT | Actualisé 04/11/2013 05:12 EST
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TORONTO, ON - AUGUST 29 - Prime Minister Stephen Harper Thursday announced legislation to toughen child sexploitation laws. He is seen answering questions following his speech. He met with ministers and child advocates at the Banbury Community Centre in the York Mills and Leslie area and then made a speech at the International Plaza hotel near the airport. (Richard Lautens/Toronto Star via Getty Images)

OTTAWA - Le premier ministre Stephen Harper, qui est arrivé à Saint-Pétersbourg mercredi pour le Sommet des dirigeants du G-20, risque d'assister à une rencontre où les traditionnels dossiers d'économie devront céder le pas à la crise politique engendrée par la présumée utilisation d'armes chimiques en Syrie.

La rencontre du G-20 devait ainsi permettre aux leaders mondiaux, réunis cette année en Russie, d'échanger sur l'économie mondiale et la stabilité de certains pays durement éprouvés par cinq ans de ralentissements économiques et de faillites bancaires.

Or, les tensions vives suscitées par les allégations de recours à des armes chimiques en Syrie forceront plutôt les dirigeants à discuter de stratégies à adopter pour éviter ce genre de violences. Même le président russe Vladimir Poutine, allié du président syrien Bachar el-Assad, a reconnu que les leaders du G-20 devraient examiner ce dossier délicat.

M. Harper est accompagné à Saint-Pétersbourg de son ministre des Affaires étrangères, John Baird, et il aura des rencontres en tête-à-tête avec ses homologues des États-Unis, du Brésil, de la Chine, de la Russie et de la Turquie.

Un tel changement de cap dans l'ordre du jour du G-20 constituerait une première, alors que la Russie et la Chine s'opposaient jusqu'ici à une redéfinition des sujets évoqués pendant ce sommet, traditionnellement économique.

Par ailleurs, tous ne sont pas aussi enclins que les États-Unis et la France à approuver des frappes militaires pour punir le régime syrien, accusé par Washington et Paris d'avoir usé d'armes chimiques contre sa population civile lors d'une attaque le 21 août en banlieue de Damas. Le président américain, Barack Obama, devrait ainsi profiter du sommet pour tenter de soutirer des appuis auprès des autres leaders du G-20.

La semaine dernière, le Parlement britannique a voté contre une résolution favorable à une intervention militaire. Ottawa a de son côté fait savoir que le Canada appuyait la position de Washington — qui affirme avoir des preuves que le régime du président syrien a eu recours à des armes chimiques —, mais ne serait pas en mesure de contribuer à une éventuelle frappe militaire. L'Australie a aussi endossé la position américaine, mais l'Inde a prévenu qu'elle préférait attendre les résultats de l'enquête des inspecteurs de l'ONU avant de se prononcer.

MM. Harper et Poutine partagent néanmoins l'espoir que le Sommet du G-20 s'attarde davantage à des enjeux d'économie mondiale. Ainsi, Ottawa et Moscou s'entendent notamment sur la nécessité de renforcer la réglementation financière et la lutte contre l'évasion fiscale.

Le codirecteur du centre de recherches de l'université de Toronto sur le G-20, John Kirton, a indiqué que l'une des principales préoccupations de ce sommet était de transmettre un message de confiance aux marchés mondiaux.

«Si le message envoyé à Saint-Pétersbourg en est un où les leaders du G-20 ne s'entendent pas sur la Syrie, cela aura un impact négatif», a-t-il soutenu.

Selon lui, il est tout de même possible que les dirigeants présents au sommet abordent des questions économiques en lien avec la Syrie, notamment en ce qui a trait à la lutte contre le terrorisme.

«Lorsque les leaders en viendront à aborder un sujet comme celui de la lutte contre le financement du terrorisme, il est évident que la question de la Syrie sera soulignée. Les groupes terroristes y sont nombreux, donc nous sommes tous inquiets par rapport à cette question», a mentionné M. Kirton.

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