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Cancer du poumon: un nouveau logiciel aide à repérer les lésions cancérigènes

04/09/2013 09:02 EDT | Actualisé 04/11/2013 05:12 EST

TORONTO - Des chercheurs canadiens ont mis au point un nouveau logiciel qui pourrait permettre d'améliorer le dépistage du cancer du poumon et réduire le taux de mortalité lié à cette maladie.

Le programme informatique peut ainsi déterminer, avec un taux de précision élevé, quelles lésions (ou nodules) détectées sur les poumons grâce à un tomodensitogramme — l'imagerie médicale obtenu par scan — sont de type malin ou bénin.

Ces données aideront ensuite les médecins à déterminer si le patient fortement susceptible de souffrir d'un cancer du poumon doit subir une biopsie pour un cancer généralisé ou une chirurgie, a indiqué l'un des principaux chercheurs et président d'un groupe d'études sur le poumon de l'Agence du cancer de la Colombie-Britannique, le Dr Stephen Lam.

L'un des scientifiques ayant élaboré le programme, l'épidémiologiste de l'université Brock à St. Catharines, en Ontario, Martin Tammemagi, a expliqué par voie de communiqué que l'un des objectifs de ce logiciel était de réduire le nombre d'interventions inutiles.

Lorsque les médecins sont en mesure d'évaluer avec précision que les nodules présents chez un patient n'ont qu'une faible probabilité d'être cancérigènes, ce patient recevra alors un traitement médical qui comportera moins de tomodensitogrammes, de biopsies et de chirurgies.

Un tel suivi diminuera du même coup les risques et les souffrances inutiles pour le patient, a-t-il poursuivi.

Les médecins ayant recours à ce programme pourront ainsi déterminer, en fournissant diverses données, si la formation repérée sur l'imagerie médicale du poumon d'un fumeur ou d'un ex-fumeur risque ou non d'être maligne. Entre autres informations colligées pour le calcul figurent la taille et la densité du nodule ainsi que sa localisation sur le poumon, de même que l'âge et le sexe du patient et certaines particularités, comme l'historique de la santé familiale.

Un indice du risque est ainsi calculé par le logiciel en quelques minutes, et cette donnée s'avère véridique neuf fois sur dix dans le cas des petits nodules, a précisé le Dr Lam. Pour les lésions plus importantes, le taux de précision est encore plus élevé, à 97 pour cent, a-t-il ajouté.

L'étude des chercheurs a notamment démontré que si la taille du nodule est l'un des indicateurs d'un cancer du poumon, la plus grosse d'entre elles n'est pas forcément cancérigène. Ils ont également découvert que les nodules logées dans les parties supérieures du poumon présentaient un risque plus élevé de présence du cancer.

Pour l'instant, il n'existe aucune directive canadienne indiquant aux médecins quels patients devraient subir un dépistage du cancer du poumon et à quelle fréquence, et ce même s'il est connu que la tomodensitométrie a permis de réduire le taux de mortalité du cancer du poumon de 20 pour cent, a soutenu le Dr Lam.

«C'est donc une découverte importante puisque nous pouvons vraiment faire quelque chose pour réduire considérablement le taux de mortalité. C'est pour cela que nous espérons que le dépistage du cancer du poumon sera implanté au sein de la population canadienne», a-t-il mentionné.

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