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Sans-fil: après le désistement de Verizon, que fera le gouvernement?

03/09/2013 11:31 EDT | Actualisé 03/11/2013 05:12 EST

OTTAWA - Alors que le géant américain Verizon n'est plus dans la course, il semble douteux que quiconque apparaîtra sur le marché canadien du sans-fil pour faire concurrence à Rogers (TSX:RCI.B), Telus (TSX:T) et Bell (TSX:BCE).

Après le désistement de Verizon, que fera un gouvernement conservateur qui a longtemps exprimé sa volonté d'avoir un quatrième joueur sur le marché du sans-fil?

Les entreprises ont jusqu'au 17 septembre pour soumettre une demande de participation aux enchères du spectre et faire leur dépôt pré-enchères. La première journée des enchères est prévue le 14 janvier.

Le gouvernement pourrait retarder le processus — une possibilité que le bureau du ministre fédéral de l'Industrie, James Moore, a dit ne pas envisager.

L'analyste Dvai Ghose, de Canaccord Genuity, a affirmé que reporter à plus tard les enchères pourrait être une décision politique délicate puisque le processus a déjà été retardé.

«Je crois que c'est très, très difficile à faire politiquement. Le gouvernement a déjà reporté les enchères une fois», a-t-il déclaré.

Les conservateurs se trouvent dans une curieuse position, ayant été critiqués par des entreprises qui estiment que le processus d'enchères a été truqué de façon à favoriser des entreprises étrangères au détriment de sociétés canadiennes.

Le gouvernement pourrait donc plutôt chercher à réglementer des choses comme les frais d'itinérance imposés par les fournisseurs de services sans fil, a indiqué M. Ghose.

La semaine dernière, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a demandé aux entreprises de téléphonie sans fil de lui fournir des données sur leurs frais d'itinérance. Il reviendra éventuellement à l'organisme de décider de réglementer ou non ces frais, s'il estime que les fournisseurs arnaquent leurs clients ou limitent leurs choix.

Le gouvernement pourrait utiliser une telle décision à son avantage, a estimé M. Ghose.

«Je crois que la seule solution de rechange évidente est de blâmer les titulaires et peut-être de tenter de microgérer l'industrie, en particulier sur des questions émotives comme 'Je suis allé au Mexique et j'ai eu une facture de 5000 $'», a-t-il dit.

Les trois grands fournisseurs canadiens, Rogers, Telus et Bell, ont vu leurs actions augmenter à la suite de l'annonce faite par Verizon, qui a indiqué ne pas s'intéresser au marché canadien.

Bien que le gouvernement Harper ne se soit pas entièrement opposé à une réglementation, il est généralement en faveur d'une utilisation des forces du marché pour susciter de l'intérêt chez les consommateurs, a fait remarquer Iain Grant, analyste des télécommunications chez SeaBoard Group.

Il est plus probable que le gouvernement fédéral tiendra les enchères tel que prévu et prendra une décision plus tard relativement à tout bloc de spectre qui n'aurait pas trouvé preneur, a ajouté M. Grant.

«Il y a deux autres blocs disponibles dans les marchés régionaux à travers le pays, et il est bien possible qu'ils ne soient pas tous vendus», a affirmé l'analyste.

«Mais il s'agit pas de lait. Il n'y a pas de date de péremption sur le spectre. C'est plus comme un Rembrandt. Si les gens de Sothebys ne vendent pas une vieille toile de maître au prix qu'ils veulent, ils la remettent dans la chambre forte et tentent de la vendre une autre fois», a-t-il dit.

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