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Le conflit syrien pourrait faire jusqu'à 4 millions de déplacés

03/09/2013 09:07 EDT | Actualisé 03/11/2013 05:12 EST

Au-delà des tractations politiques sur les frappes militaires en Syrie, le conflit qui continue de faire rage dans ce pays pourrait faire jusqu'à quatre millions de déplacés d'ici la fin de cette année, selon le directeur de l'Observatoire canadien sur les crises et l'aide humanitaire, François Audet.

Actuellement, le nombre de réfugiés dépasse les deux millions, mais il augmente « de manière exponentielle », a constaté le professeur à l'UQAM en entrevue à l'émission 24/60. Selon lui, l'ampleur des déplacements de population pourrait se comparer à celle du génocide rwandais de 1994.

Si beaucoup de Syriens déplacés par les combats demeurent à l'intérieur des frontières, ils sont des milliers à trouver refuge dans les pays voisins. Les zones de conflit se trouvant surtout dans l'ouest de la Syrie, bon nombre d'entre eux se rendent au Liban. Or, il y a aussi un afflux important de réfugiés qui ont pris la direction de l'est, où l'Irak vient de rouvrir sa frontière. « Bref, c'est un verre plein qui tend à déborder de toute part », explique François Audet.

De plus, ces pays qui accueillent présentement des milliers de réfugiés sont eux-mêmes en proie à des problèmes. Le conflit syrien s'est notamment transporté au Liban. « Alors si on va se réfugier au Liban, maintenant, on est encore moins en sécurité, finalement », observe M. Audet.

Le Liban otage du conflit syrien

L'aide humanitaire fait défaut

Le Canada ne s'est pas encore beaucoup engagé sur le plan humanitaire, note François Audet. « D'ailleurs, peu de pays se sont vraiment engagés, ce qui fait qu'en ce moment, il y a un manque à gagner de plus de 2 milliards de dollars juste pour soutenir la population actuelle de déplacés », dit-il.

Des sommes d'aide ont été annoncées, mais elles n'ont pas encore été envoyées aux Nations unies et aux grandes organisations humanitaires.

Des ministres de l'Irak, de la Jordanie, de la Turquie et du Liban, les pays limitrophes de la Syrie qui reçoivent l'essentiel des réfugiés, doivent se réunir avec l'agence des Nations unies pour les réfugiés mercredi à Genève pour tenter d'obtenir une aide humanitaire internationale plus importante.

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