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Intervention américaine en Syrie: un leader républicain du Congrès appuie Obama

03/09/2013 01:38 EDT | Actualisé 03/11/2013 05:12 EST

WASHINGTON - L'appel du président Barack Obama en vue d'une intervention militaire américaine en Syrie a obtenu d'importants appuis du Congrès mardi, les leaders des deux partis s'étant dits convaincus de la nécessité de répliquer à l'utilisation d'armes chimiques par le régime syrien.

Le plus important leader républicain du Congrès, le président de la Chambre des représentants John Boehner, a déclaré qu'une action militaire contre le président syrien Bachar el-Assad est «une chose que les États-Unis doivent faire en tant que pays».

M. Boehner a fait cette déclaration après sa rencontre à la Maison-Blanche avec le président Obama et d'autres membres influents du Congrès. Il a affirmé que les États-Unis étaient le seul pays ayant la capacité de freiner le régime syrien et d'avertir les autres pays du monde que les attaques chimiques ne seront pas tolérées.

M. Obama a appelé le Congrès à voter sur une intervention en Syrie dès le retour des élus à Washington après leur pause de l'été, la semaine prochaine.

Le président a aussi tenté de rassurer le public en affirmant qu'une opération militaire serait «limitée» et menée de façon «proportionnée».

«Ce n'est pas l'Irak et ce n'est pas l'Afghanistan», a-t-il affirmé.

M. Obama a rencontré les leaders du Congrès peu avant son départ pour une tournée de trois jours en Europe, où il se rendra en Suède et participera au sommet du G20 en Russie.

Les États-Unis affirment détenir des preuves montrant que le régime syrien est responsable de l'attaque au gaz sarin du 21 août dans la région de Damas. Selon Washington, l'attaque a fait au moins 1429 morts, dont plus de 400 enfants.

L'administration Obama fait valoir que les États-Unis doivent assumer un rôle de leadership mondial face à la première utilisation alléguée d'armes chimiques dans le monde depuis 25 ans.

L'appui de M. Boehner est essentiel pour M. Obama, mais les républicains du Congrès ne parlent pas d'une seule voix.

Après une décennie de guerre en Irak et en Afghanistan, les sondages indiquent que la plupart des Américains sont opposés à toute nouvelle opération militaire à l'étranger.

Certains membres du Congrès estiment que M. Obama n'a pas encore présenté de preuves déterminantes montrant la responsabilité du régime syrien dans l'attaque chimique. D'autres affirment que le président n'a pas expliqué en quoi une intervention en Syrie servirait les intérêts américains.

Le débat survient dix ans après que l'administration du président George W. Bush eut induit la communauté internationale en erreur en affirmant que le président irakien de l'époque, Saddam Hussein, possédait des armes de destruction massive afin de justifier une intervention en Irak.

Le secrétaire d'État John Kerry, le secrétaire à la Défense Chuck Hagel et le chef d'état-major Martin Dempsey ont témoigné mardi après-midi devant la commission des affaires étrangères du Sénat au sujet d'une intervention en Syrie.

M. Kerry a assuré qu'aucun soldat américain ne serait déployé sur le territoire syrien. «Le président Obama ne demande pas aux États-Unis d'entrer en guerre», a-t-il dit dans sa déclaration d'ouverture. «Ce n'est pas le moment de nous installer dans notre fauteuil isolationniste et d'être des spectateurs du massacre».

Le secrétaire d'État a déclaré que le débat sur une éventuelle intervention militaire en Syrie ne concernait pas la «ligne rouge» établie par le président, mais plutôt «la ligne rouge établie par le monde» face aux armes de destruction massive.

Selon M. Kerry, il s'agit d'une «ligne rouge que toute personne ayant une conscience devrait tracer».

Le secrétaire à la Défense a quant à lui déclaré que plusieurs pays alliés soutenaient fortement une intervention américaine en Syrie.

Il a affirmé que la France, la Turquie, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ainsi que d'autres pays du Moyen-Orient, étaient des partenaires de premier plan en vue d'une opération militaire.

M. Hagel a par ailleurs révélé que M. Obama avait approuvé en juin un projet visant à fournir une «aide létale» aux rebelles syriens, rendant la décision publique pour la première fois.

Il a toutefois précisé que le Pentagone n'avait pas été impliqué directement parce qu'il s'agit d'une «action cachée».

M. Hagel a rappelé que les forces américaines étaient prêtes à intervenir en Syrie dès que le président Obama en donnera l'ordre.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a prévenu mardi que toute action «punitive» lancée contre la Syrie serait illégale sans l'approbation du Conseil de sécurité de l'ONU ou en l'absence d'une situation de légitime défense.

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