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Entente avec les pharmaciens : des usagers critiquent Québec

03/09/2013 12:04 EDT | Actualisé 03/11/2013 05:12 EST

Le Regroupement provincial des comités des usagers du réseau de la santé et des services sociaux se demande si le ministre de la Santé, Réjean Hébert, a fait tous les efforts pour faciliter l'entrée en vigueur des modifications à la Loi sur la pharmacie qui devaient permettre aux pharmaciens d'exercer de nouvelles activités professionnelles à compter d'aujourd'hui.

L'entente a été reportée par le gouvernement du Québec, la semaine dernière, en raison du différend entre le gouvernement et les pharmaciens propriétaires sur la rémunération des nouveaux actes qui pourront être posés par les pharmaciens.

La loi 41 permettra aux pharmaciens de poser certains gestes traditionnellement réservés aux médecins. Il peut s'agir, par exemple, de prescrire des médicaments pour le traitement de conditions mineures. Comme elle vise à favoriser un meilleur accès aux soins de santé de première ligne, « ce sont les usagers qui feront les frais de ce report », soutient Claude Ménard, président du Regroupement provincial des comités des usagers du réseau de la santé et des services sociaux (RPCU).

Le RPCU ajoute que « les usagers seront doublement pénalisés, d'une part par le report de l'entrée en vigueur de l'entente avec les pharmaciens et, d'autre part, par l'intransigeance du ministre qui compte faire payer les usagers pour certains de ces actes ».

Le gouvernement du Québec compte couvrir seulement une partie des nouveaux actes médicaux des pharmaciens par l'entremise de l'assurance-médicaments publique, offerte à environ 40 % de la population. Ainsi, la majorité des Québécois qui souscrivent à une assurance-médicaments privée devront tenter de faire payer la facture par leur assureur, qui couvre généralement le médicament comme tel et non la prestation de service du pharmacien.

Au différend entre les pharmaciens propriétaires et le gouvernement du Québec s'ajoute un autre groupe : les omnipraticiens qui veulent aussi être rémunérés pour les actes médicaux que les pharmaciens pourront effectuer.

La loi a été adoptée à l'unanimité à l'Assemblée nationale en décembre 2011 sous le gouvernement Charest. « Le ministre a donc eu deux ans pour négocier une entente avec les pharmaciens. Le RPCU ne croit pas que tous les efforts ont été faits dans ce dossier et presse le ministre d'agir », ajoute Pierre Blain, directeur général du RPCU.

L'Ordre des pharmaciens s'impatiente

De son côté, la présidente de l'Ordre des pharmaciens du Québec, Diane Lamarre, se dit déçue de la tournure des événements et presse le gouvernement et l'Association des pharmaciens propriétaires de conclure une entente.

Elle estime que les parties ont une obligation morale envers la population d'arriver à un accord rapidement. Elle ajoute que chaque jour où la loi n'est pas en vigueur est un jour de trop où des Québécois attendent encore pour obtenir des soins de santé dont ils ont réellement besoin.

Les pourparlers entre le gouvernement du Québec et les pharmaciens propriétaires reprennent ce mardi, après que les négociations aient été rompues jeudi dernier.

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