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Commission Charbonneau : un candidat d'Équipe Labeaume se retire

03/09/2013 02:23 EDT | Actualisé 02/11/2013 05:12 EDT

Le candidat d'Équipe Labeaume François Paulhus ne se présentera pas aux prochaines élections municipales à la suite de révélations faites devant la commission Charbonneau mardi matin.

Il a été convenu d'un commun accord avec le parti du maire de Québec, Régis Labeaume, que les allégations sont suffisamment importantes pour qu'il renonce à se porter candidat.

François Paulhus aurait été relié à un système de collusion pour le partage des contrats à la Ville de Gatineau, alors qu'il travaillait pour la firme de génie-conseil Génivar, selon le premier témoin entendu à la reprise des audiences de la commission Charbonneau.

Marc-André Gélinas, directeur général en Outaouais pour la firme de génie-conseil AECOM, a dévoilé l'existence d'un système de collusion entre les quatre principales firmes de génie-conseil présentes à Gatineau pour partager les contrats publics entre 2003 et 2008. 

Marc-André Gélinas a indiqué que c'est François Paulhus, puis Claude Marquis à partir de 2005, qui agissaient comme représentants pour la firme Génivar lors des discussions sur le partage des contrats. M. Gélinas était lui-même responsable de la collusion pour Tecsult.

Rencontré à son domicile de Lac-Beauport mardi, François Paulhus, qui était candidat dans le district Le Plateau, a nié toutes ces allégations et s'est dit sous le choc. L'ingénieur a dit ne jamais avoir été questionné par le Directeur général des élections ou par la commission Charbonneau à ce sujet.

Régis Labeaume a communiqué avec son candidat dès qu'il a été mis au fait de ces allégations. Il a rapidement été décidé que François Paulhus se retire de la course électorale. « Sur l'heure du midi, il a été convenu que, lui, ne voulant pas faire mal à Équipe Labeaume et nous avec la politique de tolérance zéro, il était impossible qu'il soit candidat », a indiqué M. Labeaume.

Le maire s'est dit très « déçu » et a dit être « tombé des nues » en apprenant ces allégations. « Pourtant, on a bien fouillé son passé. Nous n'avions que des éloges sur ces qualités professionnelles. Deux fois plutôt qu'une, nous avons discuté avec lui. On a fouillé ensemble sa vie pour essayer de voir s'il y avait quelque chose de détectable qui pouvait créer des problèmes. On n'en a pas vu », a souligné le maire.

L'opposition à la Ville de Québec promet de poser plusieurs questions au maire à la prochaine séance du conseil municipal. « Quelqu'un va dire ce qu'il veut bien dire quand tu l'approches. Qui a dit quoi ? Qu'est-ce qui est su ? Qu'est-ce qui ne l'était pas ? On spécule là-dessus. Mais ça envoie un signal très clair en ce qui concerne la collusion. Il faut être extrêmement vigilant, ne pas baisser la garde », souligne David Lemelin, chef de Démocratie Québec.

François Paulhus est aussi membre du conseil d'administration de la Commission de la capitale nationale, une société d'État du gouvernement du Canada. En fin d'après-midi, le cabinet du ministre John Baird a indiqué par courriel être préoccupé par les allégations entendues à la commission Charbonneau. Il demandera sa démission si les faits allégués se confirment.

François Paulhus a travaillé de 1993 à 2007 chez Génivar. Il travaille à son compte depuis 2007 au sein de Paulhus Gestion immobilière.

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Selon le témoignage de Marc-André Gélinas, le système de collusion assurait un partage des contrats municipaux à Gatineau. L'entreprise CIMA + devait récolter 40 % des parts, Génivar 27 %, Tecsult 22 % et Dessau 11 %.

Le système a été mis sur pied à la suite de l'adoption de la loi 106, en 2002, qui favorise les plus bas soumissionnaires. Les firmes voulaient ainsi éviter d'avoir à se lancer dans une guerre de prix. Elles se sont partagées, chaque année, quelque 2,4 millions de dollars en contrats de la Ville. Le système de collusion visait les contrats de génie civil entre 25 000 $ et 500 000 $.

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