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Québec annonce sa «démarche de renforcement» de l'enseignement de l'histoire

02/09/2013 03:07 EDT | Actualisé 02/11/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - La ministre de l'Enseignement, des Loisirs et du Sport, Marie Malavoy, a annoncé lundi la «démarche gouvernementale de renforcement» de l'enseignement de l'histoire du Québec, du primaire au collégial.

Une démarche de consultation mènera, dès la fin de cette année, à des propositions sur les orientations des nouveaux programmes d'histoire au primaire et au secondaire, a indiqué la ministre.

Le gouvernement avait annoncé, le 25 août, son intention d'aller de l'avant avec l'inclusion d'un cours d'histoire obligatoire dans la formation commune au niveau collégial.

La consultation devra notamment recenser des avis sur les objectifs et la place d'un nouveau cours d'histoire au cégep. Une modification devra ainsi être apportée au Règlement sur le régime des études collégiales pour inclure ce cours.

Un comité de consultations sera formé du sous-ministre associé au ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles, l'historien Jacques Beauchemin, et de la professeure d'histoire à l'Université du Québec à Montréal Nadia Fahmy-Eid, qui recevront les propositions des acteurs des milieux de l'éducation et de l'histoire.

Soutenant qu'une majorité de Québécois sont «insatisfaits de l'enseignement de l'histoire au Québec», Mme Malavoy a annoncé que la population pourrait s'exprimer sur la question dans une section du site Internet du ministère.

Tout de suite après sa nomination, la ministre avait déjà, en octobre 2012, annoncé son intention de modifier le programme d'enseignement de l'histoire.

Accompagnée du ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, Pierre Duchesne, elle a insisté lundi sur l'importance pour les élèves québécois de mieux comprendre leur société.

«Ce que nous voulons, c'est qu'à la fin de leur parcours scolaire, les élèves du Québec comprennent le monde qui les entoure, ce qui a précédé ce que nous voyons tous les jours devant nous, quels sont les grands éléments constitutifs de notre histoire», a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse à Montréal.

Le ministre Duchesne a soutenu de son côté que «les jeunes adultes qui arrivent dans nos collèges, ceux qui vivent dans une société où, on le sait, l'instantanéité devient la règle suprême, ont besoin de profondeur, de repères, d'une analyse de la société québécoise, qui comme les autres sociétés modernes, tend à se complexifier — et à un rythme très rapide».

Le rapport du comité devrait être déposé à la fin de cette année, pour que des projets-pilotes soient mis en place dans certaines écoles dès septembre 2014, a indiqué la ministre.

L'annonce a été saluée notamment par la Fédération étudiante collégiale du Québec (FÉCQ) et le Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ).

La porte-parole de la FÉCQ, Éliane Laberge, a salué dans un communiqué «l'initiative (du ministère) de vouloir augmenter les connaissances générales des étudiants via l'implantation d'un nouveau cours d'histoire au collégial».

Cependant, la FÉCQ ne s'est pas encore prononcée quant à l'obligation pour tous les étudiants de suivre ce cours. Elle est présentement en consultation à ce sujet et devrait prendre position officiellement lors de son congrès de novembre.

Le MNQ, le regroupement des sociétés Saint-Jean-Baptiste du Québec, est d'avis, quant à lui, que l'enseignement de l'histoire nationale est présentement «lacunaire à tous les niveaux».

Pour sa part, le regroupement cégep de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ) a confirmé qu'il participera à la consultation. La FNEEQ espère de cette démarche «une plus grande recherche de cohérence de tous les ordres d'enseignement».

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