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Les Frères musulmans risquent de disparaître

02/09/2013 03:42 EDT | Actualisé 01/11/2013 05:12 EDT

Les nouvelles autorités égyptiennes semblent vouloir en finir avec les Frères musulmans au vu de la succession de mesures prises à l'encontre du mouvement islamiste.

La dernière mesure en date émane de la justice égyptienne qui a recommandé lundi la dissolution de l'organisation des Frères musulmans en tant qu'ONG.

Un tribunal doit se prononcer sur cette question le 12 novembre prochain. Cette affaire a pris naissance lorsque des adversaires de la confrérie ont réclamé sa dissolution après que l'organisation eut déposé ses statuts d'ONG, en mars dernier.

Médias interdits

Le même jour, la justice a ordonné la fermeture définitive de la chaîne islamiste Al-Hafez pour « atteinte à l'unité nationale » et incitation à la haine contre les chrétiens.

La diffusion d'Al-Hafez, ainsi que de plusieurs autres chaînes islamistes, avait été interrompue quelques heures après le renversement du président Mohamed Morsi.

La chaîne satellitaire Al-Jazira se trouve également dans la ligne de mire des nouvelles autorités.

Dimanche, trois journalistes indépendants étrangers travaillant pour la chaîne qatarie en anglais ont été expulsés d'Égypte, tandis que les locaux de son antenne égyptienne, Al-Jazira Mubasher Misr, ont été perquisitionnés à plusieurs reprises et du matériel y a été saisi.

Décapitation des Frères musulmans

Parallèlement à la procédure judiciaire contre les Frères musulmans, Mohamed Morsi est poursuivi par la justice sous l'accusation d'incitation et d'exercice à la violence.

En plus de Mohamed Morsi, le Parti de la Liberté et de la justice et la confrérie des Frères musulmans ont été pratiquement décapités puisque la plupart de leurs dirigeants se retrouvent actuellement en prison.

Officiellement interdite depuis 1954, l'organisation des Frères musulmans s'activait néanmoins de façon clandestine, avant d'être tolérée sans avoir toutefois de statut juridique.

Après la chute de l'ex-président Hosni Moubarak en 2011, les Frères musulmans ont créé un parti politique, le Parti de la liberté et de la justice, qui a remporté les élections présidentielles avec son candidat Mohamed Morsi, renversé le 3 juillet dernier par les militaires.

La machine en marche

Par ailleurs, le gouvernement a désigné une nouvelle Assemblée constituante, où figurent deux islamistes, qui disposera de 60 jours pour réviser la Constitution adoptée l'an dernier par l'Assemblée constituante dominée avant sa dissolution par les islamistes.

Selon des fuites dans la presse égyptienne, le nouveau texte constitutionnel préserve le statut privilégié de l'armée, qui n'est pas soumise au contrôle des pouvoirs civils.

Par ailleurs, le nouveau texte supprimerait l'article interdisant aux fonctionnaires de l'époque Moubarak d'assumer des responsabilités publiques.

La contestation se poursuit

Même si elle est de basse intensité en raison du déploiement de l'armée et de la répression, la protestation contre le coup d'État.

Lundi, plusieurs manifestations ont eu lieu dans des quartiers du Caire et dans plusieurs villes de province.

Par ailleurs, la coalition nationale de la défense de la légitimité a appelé à de grandes manifestations mardi sous le slogan « Le coup d'État est du terrorisme ».

La coalition a indiqué dans un communiqué que « les Égyptiens » poursuivront les manifestations et les rassemblements de « façon pacifique » jusqu'à la « récupération de la révolution (celle qui a chassé Hosni Moubarak en 201, NDLR) ».

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