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Conflit syrien: le sarin, un puissant gaz neurotoxique mortel

01/09/2013 12:10 EDT | Actualisé 01/11/2013 05:12 EDT
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Molecular model of sarin, a nerve agent used in chemical weapons.

Le gaz sarin, qui aurait été utilisé en Syrie le 21 août, selon des échantillons évoqués dimanche par le secrétaire d'Etat américain John Kerry, est un puissant gaz neurotoxique mortel, inodore et invisible, découvert en 1938 en Allemagne.

Même s'il n'est pas inhalé, le simple contact avec la peau de ce gaz organophosphoré bloque la transmission de l'influx nerveux et entraîne la mort par arrêt cardio-respiratoire. La dose létale est d'un demi-milligramme pour un adulte.

Les victimes se plaignent d'abord de maux de tête violents et présentent des pupilles dilatées. Surviennent ensuite convulsions, arrêts respiratoires et coma précédant la mort.

Il peut être utilisé en aérosol, notamment à partir de l'explosion de munitions, mais également servir à empoisonner l'eau ou la nourriture, selon les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américains.

Des vêtements entrés en contact avec des vapeurs de sarin de façon continue peuvent contaminer d'autres personnes pendant encore une demi-heure après l'exposition, selon les CDC, qui précisent que des antidotes existent.

La fabrication de sarin est un processus complexe, mais c'est par hasard, en travaillant sur de nouveaux pesticides, que des chimistes allemands d'IG Farben l'ont découvert en 1938. Le sarin tient son nom de ses inventeurs: Schrader, Ambros, Rüdiger et Van der Linde.

Il a été utilisé comme arme chimique lors du conflit Iran-Irak dans les années 1980, puis par la secte "Aum Vérité Suprême" dans un attentat perpétré le 20 mars 1995 dans le métro de Tokyo.

Des membres de la secte, équipés de sacs remplis de sarin sous forme liquide qu'ils avaient percés, avaient ainsi tué 12 personnes et blessé des milliers d'autres.

Le régime syrien, qui a reconnu pour la première fois le 23 juillet 2012 posséder des armes chimiques, disposerait de "centaines de tonnes" d'agents chimiques divers, selon le centre d'études sur la non-prolifération à l'Institut Monterey, aux Etats-Unis.

Damas disposerait également de gaz VX, un autre neurotoxique dérivé du sarin, encore plus puissant.

La Maison Blanche avait accusé en juin le régime syrien d'avoir fait usage de sarin "à une petite échelle à plusieurs reprises" contre l'opposition en 2012. Dimanche, le secrétaire d'Etat John Kerry a quant à lui affirmé que les Etats-Unis étaient en possession d'échantillons capillaires et sanguins prouvant l'utilisation de ce gaz lors d'une attaque perpétrée le 21 août et attribuée par Washington au régime Assad.

Selon un rapport des services de renseignement américains rendu public jeudi, cette attaque aurait tué 1429 personnes, dont 426 enfants.