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Le pape choisit un diplomate vétéran comme secrétaire d'État au Vatican

31/08/2013 11:48 EDT | Actualisé 31/10/2013 05:12 EDT

VATICAN, État de la Cité du Vatican - Le pape François a fait appel samedi à un diplomate expérimenté du Vatican pour devenir son «premier ministre», remplaçant le secrétaire d'État du Saint-Siège qui, au cours des dernières années, était devenu une figure de plus en plus controversée au sein d'une hiérarchie plongée dans les scandales embarrassants et les enquêtes financières.

Le Vatican a annoncé que l'archevêque Pietro Parolin, âgé de 58 ans, un Italien et un ancien ministre des Affaires étrangères du Vatican, reprendrait le 15 octobre le poste occupé depuis 2006 par le cardinal italien Tarcision Bertone. Le cardinal conservera ses fonctions jusqu'à cette date, donnant à Mgr Parolin, actuellement l'envoyé papal au Venezuela, le temps de se préparer à ses nouvelles responsabilités en tant que numéro 2 du Vatican.

Benoît XVI, qui a démissionné de sa fonction de pape cette année, se fiait largement à Mgr Bertone comme l'un des quelques conseillers membres de son groupe de proches collaborateurs. Le cardinal Bertone, un archevêque de Gênes, a travaillé pour le pape allemand pendant plusieurs années au Vatican.

Le Vatican a noté que Mgr Bertone, âgé de 78 ans, prenait sa retraite en vertu d'une loi de l'Église obligeant les cardinaux ayant occupé les plus hauts postes de la Curie de remettre leur démission lorsqu'ils atteignent l'âge de 75 ans. Benoît XVI l'a gardé en poste, provoquant supposément l'irritation d'une faction rivale de bureaucrates du Vatican loyaux au prédécesseur de Mgr Bertone, le cardinal Angelo Sodano, un ancien secrétaire d'État de longue date.

Un scandale ayant éclaté lors des dernières années du règne papal de Benoît XVI, impliquant le vol de documents papaux et des révélations embarrassants sur de la présumée corruption et des jeux de pouvoir au Vatican, a été largement vu comme visant à discréditer Mgr Bertone. Certains ont spéculé que le scandale avait contribué à la conclusion de Benoît XVI qu'il n'avait plus lui-même la force mentale ou physique pour guider l'Église catholique. Il a démissionné en février, devenant le premier pape à agir de cette façon en 600 ans.

La plupart des documents, coulés par le majordome du pape à un journaliste italien, ne concernait que les habitants de l'Italie, soit une réflexion de siècles de domination et d'intrigue par les Italiens au sein du Vatican. Les «dossiers papaux» concernaient les relations entre l'Italie et le Vatican, ainsi que quelques scandales et célébrités locaux. Le principal but des révélations était apparemment de donner l'impression que Mgr Bertone était incompétent, incapable de contrôle la Curie et de protéger le pape, un théologien avec peu de compétences pour naviguer dans le labyrinthe politique qui l'entoure.

Le pape François tiendra une audience spéciale le 15 octobre, a dit le Vatican, «afin de remercier publiquement le cardinal Bertone pour son service loyal et généreux envers le Saint-Siège».

Mgr Parolin, lorsqu'il était sous-ministre aux Affaires étrangères, a fait la navette entre Rome et Hanoï dans le cadre d'une stratégie partiellement couronnée de succès pour relancer les relations entre le Vatican et le leadership communiste d Vietnam. En 2009, Mgr Parolin a déclaré à des journalistes dans la capitale vietnamienne que le Saint-Siège et le Vietnam avaient créé une «bonne base» pour éventuellement établir des relations diplomatiques. Après les Philippines, le Vietnam possède l'une des plus importantes communautés de catholiques.

Le futur numéro 2, originaire du nord de l'Italie, a entamé sa carrière diplomatique au Vatican en 1986, et a participé à des missions papales au Nigeria et au Mexique. Il a obtenu un poste de nonce apostolique au Venezuela en 2009.

Dans une déclaration, le cardinal a promis d'offrir au pape son «entière disponibilité pour travailler avec lui pour la plus grande gloire de Dieu, le bien de la Sainte Église et le progrès de la paix», pour que l'humanité puisse trouver «des raisons de vivre et d'espérer».

Un porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a précisé que le cardinal Bertone continuerait d'occuper ses autres responsabilités, y compris la direction d'une commission de cardinaux supervisant les activités bancaires du Saint-Siège. L'an dernier, le président de la Banque, un banquier italien considéré comme étant proche de Mgr Bertone, a été démis de ses fonctions dans une tentative de réforme des activités financières controversées du Vatican.

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