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Intervention en Syrie: après le «non» britannique, la France devient l'allié principal des États-Unis

30/08/2013 08:40 EDT | Actualisé 30/10/2013 05:12 EDT
AFP

PARIS (AFP) - François Hollande a réaffirmé vendredi sa volonté d'agir militairement en Syrie au côté des Américains en dépit du "non" britannique à une éventuelle intervention, qui place désormais la France en position inédite d'allié principal des Etats-Unis.

Le refus de la Grande-Bretagne d'intervenir en Syrie ne change rien à la position de Paris qui souhaite une action "proportionnée et ferme" contre Damas, a déclaré le président français dans un entretien au journal Le Monde.

"Chaque pays est souverain pour participer ou non à une opération. Cela vaut pour le Royaume-Uni comme pour la France", a ajouté M. Hollande, interrogé sur la possibilité d'agir sans Londres, au lendemain du refus des députés britanniques d'une intervention militaire en Syrie.

Cette alliance offensive américano-française, qui n'avait pas au départ été imaginée par Paris, constitue "une situation inédite dans la période contemporaine", analyse Bruno Tertrais, de la Fondation pour la recherche stratégique.

"Américains et Français ont déjà travaillé ensemble en première ligne dans la gestion des crises comme par exemple au Liban dans les années 80 et 90, mais je n'ai pas le souvenir d'une coalition offensive construite autour des Etats-Unis et de la France sans la Grande-Bretagne", indique le chercheur.

Dix ans après l'Irak, un renversement complet de situation

Ironie de l'histoire, cet engagement déterminé de la France au côté des Américains intervient dix ans après la crise irakienne qui avait provoqué une tension sans précédent entre Washington et Paris, flamboyant opposant à l'invasion américano-britannique en Irak.

"On est dans la situation exactement inverse de 2003", souligne M. Tertrais. "Les Etats-Unis n'ont besoin de personne sur le plan militaire. Mais il est extrêmement important pour eux de ne pas être seuls sur le plan politique", estime-t-il, ajoutant que Français comme Américains mettront aussi en avant le soutien de pays arabes à l'action, "car chacun veut éviter de donner l'impression qu'il s'agit d'une intervention de l'Occident contre la Syrie".

"La coalition s'appuiera sur la Ligue arabe, qui a condamné le crime et a alerté la communauté internationale", a précisé d'ailleurs M. Hollande en rappelant l'attaque chimique présumée du 21 août attribuée à Damas.

Reste à savoir quel sera l'engagement concret de la France et quels moyens elle mettra à disposition des Etats-Unis. Paris a la capacité de tirer des missiles de croisière avec des avions de chasse ou des sous-marins.

"Toutes les options sont sur la table. La France veut une action proportionnée et ferme contre le régime de Damas", a dit François Hollande, soulignant que la France disposait "d'un faisceau d'indices qui vont dans le sens de la responsabilité" du régime Assad dans l'attaque du 21 août dans la banlieue de Damas.

S'il exclut toute intervention avant le départ de Syrie des inspecteurs onusiens samedi, le chef de l'Etat ne l'exclut pas avant que le Parlement ne se réunisse mercredi prochain pour débattre de cette crise. Un débat sans vote qui pourrait être houleux, des opposants à toute l'intervention siégeant à la fois sur les bancs de la gauche et ceux de l'UMP.

Concernant les moyens, la non participation britannique à une éventuelle opération alliée "nous oblige à repenser notre planification opérationnelle", a-t-on reconnu de source française proche du dossier.

Sur les buts de guerre, la ligne est à Paris calquée sur celle de Washington: il ne s'agit pas de renverser le régime, mais de sanctionner l'usage d'armes chimiques, une "ligne rouge" définie par le président américain Barack Obama il y a un an, et "franchie indéniablement" selon M. Hollande avec l'attaque du 21 août.

Le président français a répété ne pas être "favorable à une intervention internationale qui viserait à +libérer+ la Syrie ou à renverser le dictateur". "Mais j'estime qu'un coup d'arrêt doit être porté à un régime qui commet l'irréparable sur sa population", a ajouté M. Hollande.

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