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Syrie: Washington et Paris veulent agir, parlent d'une action militaire limitée

30/08/2013 01:23 EDT | Actualisé 30/10/2013 05:12 EDT
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US President Barack Obama listens to a question during a town hall meeting at Binghamton University, on August 23, 2013 in Binghamton, New York. Obama is on a two-day bus tour through New York and Pennsylvania to discuss his plan to make college more affordable, tackle rising costs, and improve value for students and their families. AFP Photo/Jewel Samad (Photo credit should read JEWEL SAMAD/AFP/Getty Images)

Les Etats-Unis et la France ont affiché leur détermination à agir en Syrie devant l'accumulation des preuves sur la responsabilité du régime dans l'attaque aux armes chimiques du 21 août, Barack Obama évoquant une action militaire "limitée".

Pour le régime syrien, les "preuves" avancées par les Etats-Unis, qui évoquent un bilan d'au moins 1.429 morts dont 426 enfants, ne sont cependant que "des mensonges". "Ce que l'administration américaine a qualifié de preuves irréfutables (...) n'est rien de plus que d'anciennes histoires diffusées par les terroristes (ndlr: les rebelles)", a affirmé le ministère syrien des Affaires étrangères.

Après le coup de théâtre jeudi à Londres, où le Parlement a rejeté une intervention militaire, et face à l'impasse à l'ONU, Washington a dit pouvoir compter sur des alliés comme la France, la Ligue arabe et l'Australie.

Le président Barack Obama s'est ainsi longuement entretenu avec son homologue français François Hollande vendredi après-midi: "Les deux chefs d'Etat ont convenu que la communauté internationale ne peut tolérer l'usage d'armes chimiques, qu'elle doit en tenir responsable le régime syrien et envoyer un message fort pour en dénoncer l'usage", a déclaré la présidence française à l'issue d'un entretien de trois quarts d'heure entre les deux dirigeants.

A Paris, on estime que le refus de Londres d'intervenir en Syrie ne change pas la position de la France, "proche alliée et amie" des Etats-Unis, qui souhaite une action "proportionnée et ferme" contre le régime de Damas, selon François Hollande.

Le président des Etats-Unis a souligné qu'il réfléchissait à une action militaire "limitée" contre le régime de Bachar al-Assad en réponse à l'attaque du 21 août.

Assurant qu'un recours à des armes chimiques menaçait la sécurité nationale américaine, M. Obama a affirmé qu'il n'avait pas encore pris de "décision finale" mais que le monde ne pouvait pas accepter que des femmes et des enfants soient gazés.

Dans une déclaration solennelle, le chef de la diplomatie américaine John Kerry a de son côté justifié la position américaine en présentant les conclusions des agences de renseignement américaines sur l'attaque.

La Maison Blanche a publié un rapport de renseignement de quatre pages dans lequel la communauté américaine du renseignement dit avoir la "forte certitude" que le régime de Bachar al-Assad est responsable de l'attaque.

"Les Etats-Unis concluent avec une forte certitude que le gouvernement syrien a commis une attaque aux armes chimiques dans les faubourgs de Damas le 21 août 2013", indique ce document.

Le texte, édulcoré pour ne pas compromettre les sources américaines, rejette également la théorie défendue par Damas et la Russie selon laquelle la rébellion serait responsable de cette attaque. Une "hypothèse hautement improbable", selon Washington.

"Impuissance" du Conseil de sécurité

Pour tenter de rassurer l'opinion publique et de nombreux membres de la communauté internationale guère favorables à une intervention en Syrie, le président américain Barack Obama a "dit très clairement que, quelle que soit la décision qu'il prendra sur la Syrie, elle ne ressemblera en rien à l'Afghanistan, l'Irak ou même la Libye. Il n'y aura pas de troupes au sol", a aussi insisté M. Kerry.

La question d'une action militaire "va au-delà" de la Syrie, mais doit servir d'avertissement à l'Iran, au Hezbollah ou à la Corée du Nord, que les Etats-Unis ne resteront pas inertes si un jour ils "songeaient à recourir à des armes de destruction massive", a encore noté le secrétaire d'Etat.

"L'histoire nous jugera avec une sévérité extrême si nous fermons les yeux devant le recours gratuit par un dictateur à des armes de destructions massives en dépit de toutes les mises en garde, en dépit de la plus simple décence", a-t-il repris.

Une "fenêtre d'opportunité" pour d'éventuelles frappes va s'ouvrir quand les experts de l'ONU doivent quitter la Syrie samedi.

Ils ont d'ores et déjà terminé leur travail et devraient "rapidement" faire un rapport sur l'usage éventuel d'armes chimiques dans le conflit syrien, a déclaré vendredi le porte-parole des Nations unies.

Le secrétaire général de l'ONU a pour sa part reçu vendredi pendant un peu plus d'un heure les ambassadeurs des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Chine, Russie) pour évoquer le déroulement de l'enquête.

A la Maison Blanche, Barack Obama n'a pas manqué de rappeler l'"impuissance" du conseil de sécurité, bloqué depuis le début de la crise syrienne.

Fermement opposé à toute intervention dans le conflit en Syrie dont il est le fidèle allié, le Kremlin a averti qu'une intervention militaire porterait un "coup sérieux" à l'ordre mondial basé sur le rôle central des Nations unies. Moscou a décidé d'envoyer deux nouveaux bateaux de guerre en Méditerranée.

Les Etats-Unis n'ont cessé quant à eux de renforcer leurs capacités face aux côtes syriennes. Ils disposent désormais de cinq destroyers équipés de missiles de croisière capables de mener des attaques ciblées contre des dépôts de munitions ou des infrastructures stratégiques du régime Assad.

En dépit des menaces d'intervention militaire, les agences humanitaires de l'ONU ont indiqué que leur personnel continuait de travailler en Syrie, ravagée par une guerre dévastatrice depuis près de deux ans et demi qui a fait plus de 100.000 morts et poussé à la fuite des millions de Syriens.

Dans la capitale syrienne, place forte du régime qu'il défend avec acharnement face aux attaques rebelles, l'ambiance est à la mobilisation. Les policiers dans leurs voitures sont prêts à faire face à tout désordre, les agents de sécurité patrouillent en armes dans certaines rues et les contrôles sont plus stricts aux barrages routiers.

Enfin, plusieurs pays continuaient en outre de se préparer à d'éventuelles répercussions en cas de frappes. Israël a notamment annoncé le déploiement de batteries antimissiles dans le nord mais aussi, selon la radio militaire , dans l'agglomération de Tel-Aviv.

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