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Oléoduc Énergie Est: craintes pour l'eau potable de Winnipeg

30/08/2013 09:44 EDT | Actualisé 30/10/2013 05:12 EDT

Le projet de TransCanada de convertir son gazoduc en oléoduc pour transporter du pétrole en provenance des sables bitumineux vers l'est du pays met à risque l'eau potable de Winnipeg, selon des environnementalistes.

L'installation passe dans la région du lac Shoal, qui approvisionne la capitale manitobaine en eau potable.

Pour les associations environnementalistes, une telle installation près du lac représente un risque écologique important.

« S'il y a des déversements, le problème, c'est qu'il en résulte une pollution de l'eau, de nos terres agricoles, surtout que le pipeline va passer dans la région du lac Shoal, c'est l'eau potable de Winnipeg, donc pour les Winnipégois, il y a un risque que leur eau potable soit polluée », insiste la coordonnatrice de projets à Green Action Centre, Sylvie Hébert.

La conversion même du gazoduc en oléoduc fait craindre un désastre écologique au Wilderness Committee, une association transcanadienne de défense de l'environnement.

« Le pipeline n'est pas conçu pour transporter du pétrole et il sera soumis à une trop grande pression », affirme son chargé de campagne, Eoin Madden.

Consultations

Ces inquiétudes surviennent au moment où TransCanada mène une série de rencontres dans les communautés concernées pour les informer de son projet et en défendre la sécurité.

« C'est quelque chose que nous avons déjà fait, la conversion d'un gazoduc en oléoduc pour notre réseau Keystone, alors la plupart des gens ici, au Manitoba, sont conscients de ça. Les propriétaires ont déjà vu la conversion d'un gazoduc sur leur terrain, ils savent que c'est quelque chose que l'on est en mesure de faire de façon sécuritaire », a expliqué le porte-parole de TransCanada, John Van Der Put, qui se trouvait jeudi à Sainte-Anne.

Il serait toutefois normal de s'attendre du gouvernement qu'il soit particulièrement vigilant sur certaines parties du pipeline, surtout s'il traverse un site aussi fragile qu'un réservoir d'eau potable, soutient le spécialiste en transport et professeur à l'Université du Manitoba Barry Prentice. « Sur certaines portions, il y a des risques importants de dégâts », souligne-t-il.

La Ville de Winnipeg n'a pas souhaité commenter la situation, mais assure qu'elle étudie l'impact potentiel que représenterait une telle installation pour ses services.

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