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L'attaque chimique du régime syrien a fait au moins 1429 morts, selon Washington

30/08/2013 05:14 EDT | Actualisé 30/10/2013 05:12 EDT

WASHINGTON - Le président des États-Unis a déclaré vendredi qu'il envisageait une action «limitée et circonscrite» contre la Syrie, alors que son administration a accusé sans détour le gouvernement de Bachar el-Assad d'avoir lancé une attaque chimique ayant tué au moins 1429 personnes, dont plus de 400 enfants.

Ce bilan des victimes de l'attaque près de Damas, la semaine dernière, est beaucoup plus élevé que les estimations avancées jusqu'à maintenant.

«Nous n'envisageons pas de déployer des troupes au sol», a déclaré Barack Obama dans une volonté de rassurer le public américain, fatigué par une décennie de guerre en Irak et en Afghanistan.

Avec la France comme seul allié d'importance, M. Obama a déclaré à des journalistes qu'il préférait de loin les actions multilatérales, mais qu'il ne voulait pas que «le monde soit paralysé».

De l'autre côté du globe, des navires de guerre américains étaient déjà positionnés pour d'éventuelles frappes punitives contre la Syrie.

Au même moment, les inspecteurs de l'ONU complétaient leur quatrième et dernière journée d'enquête, pour tenter de déterminer précisément ce qui s'est produit lors de l'attaque. Les inspecteurs devraient quitter la Syrie samedi et transporter eux-mêmes leurs échantillons dans des laboratoires européens.

Des vidéos tournées sur les lieux de l'attaque montrent des victimes se tordant de douleur, touchées par des spasmes et présentant d'autres symptômes généralement associés à une exposition à des gaz neurologiques.

Les vidéos diffusées par des militants de l'opposition pour soutenir leurs allégations d'attaque chimique correspondent aux informations de l'Associated Press faisant état de tirs d'artillerie dans les banlieues de Damas au moment des faits, bien qu'il ne soit pas possible de déterminer avec certitude si les victimes sont mortes des suites d'une attaque chimique.

Les résidents de Damas ont entassé de la nourriture et d'autres produits de première nécessité en prévision d'une éventuelle frappe américaine, bien que l'on ne distinguait aucun signe de panique ou de pénurie.

«Nous sommes habitués au son des bombes» après deux ans et demi de guerre civile, a déclaré Kheireddine Nahleh, un fonctionnaire âgé de 53 ans. «La mort est la même, qu'il s'agisse d'un obus de mortier ou d'un missile américain. Je n'ai pas peur.»

M. Obama a rencontré vendredi ses conseillers en matière de sécurité nationale à la Maison-Blanche, mais a affirmé qu'il n'avait pas encore pris de décision sur la nature de la réponse des États-Unis à l'attaque chimique.

L'administration Obama n'a toutefois rien fait pour dissiper les doutes voulant que cette réponse aurait lieu prochainement.

Lors d'un discours, vendredi, accompagnant la publication du rapport des services de renseignement américains sur l'attaque chimique, le secrétaire d'État, John Kerry, a précisé qu'un «responsable du régime qui était au courant de l'attaque a confirmé que des armes chimiques avaient été utilisées par le gouvernement, en a examiné l'impact et avait carrément peur que le geste soit découvert».

La déclaration de M. Kerry n'a toutefois pas permis d'expliquer l'importante différence entre le bilan américain des victimes de l'attaque chimique et celui de Médecins sans frontières, qui a fait état d'au moins 355 morts.

De son côté, le gouvernement syrien accuse les rebelles d'avoir mené l'attaque.

Le secrétaire d'État a aussi affirmé que Washington ne commettrait pas la même erreur que lors de l'invasion de l'Irak, en 2003, sur la fausse présomption de l'existence d'armes de destruction massive.

«Nous ne répéterons pas ce moment», a-t-il assuré.

Des navires de guerre américains armés de missiles sont déjà déployés en Méditerranée. Ces missiles sont l'arme de choix des présidents américains depuis plusieurs années, puisqu'ils peuvent atteindre une cible située à des centaines de kilomètres sans nécessiter une couverture aérienne ou la présence de troupes au sol.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a réclamé un délai avant toute action militaire, jusqu'à ce que les inspecteurs puissent présenter leurs conclusions aux États membres et au Conseil de sécurité.

La guerre civile syrienne a fait plus de 100 000 morts et près de deux millions de réfugiés depuis mars 2011.

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