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L'armée déployée en renfort à Bogota, les fermiers lèvent les blocages routiers

30/08/2013 03:40 EDT | Actualisé 30/10/2013 05:12 EDT

BOGOTA - À la demande du président colombien Juan Manuel Santos, des renforts militaires ont été déployées dans les rues de Bogota, vendredi, après des émeutes qui ont fait deux morts. De petits agriculteurs, qui manifestent depuis 11 jours, ont annoncé qu'ils débloqueraient les routes qu'ils occupaient.

Le président a affirmé avoir demandé le déploiement des militaires dans la capitale pour assurer le calme. La ville était paisible, vendredi, et aucun acte de violence n'a été rapporté.

Plus de 14 000 soldats sont postés à travers Bogota, en renfort de la police. M. Santos n'a pas précisé pour combien de temps les soldats resteraient dans les rues.

Les violences ont éclaté jeudi après-midi, après que quelque 30 000 étudiants universitaires et citoyens eurent marché pacifiquement en appui aux agriculteurs, qui ont bloqué des autoroutes et manifesté pour faire entendre plusieurs revendications.

Le président Santos a ouvert la discussion avec les agriculteurs jeudi et a promis de se pencher sur leurs revendications, notamment l'éradication des barrières tarifaires à l'importation de fertilisants. Les fermiers affirment que les importations à bas prix de pommes de terre, d'oignons et de lait les affectent.

Vendredi, M. Santos a annoncé qu'il avait demandé à des négociateurs gouvernementaux de quitter les discussions avec les agriculteurs de l'État de Boyaca, sans préciser pourquoi.

Quatre heures plus tard, les organisateurs des manifestations ont annoncé qu'ils lèveraient leurs blocages routiers, mais qu'ils maintiendraient le piquetage en bordure des routes. Ils ont proposé de reprendre les discussions samedi. Le gouvernement n'a pas immédiatement répondu.

Le ministre de l'Intérieur et négociateur du gouvernement, Fernando Carillo, a déploré le grabuge de jeudi, affirmant qu'il s'agissait de «vandalisme qui n'a rien à voir avec le mouvement des agriculteurs».

Des jeunes masqués ont commencé à lancer des cailloux et des briques. La police a riposté avec des gaz lacrymogènes et des manifestants ont brisé des vitrines de magasins. Au moins deux personnes ont été tuées lors de cette violente manifestation, la pire que Bogota ait connue depuis que des jeunes agitateurs ont troublé des manifestations contre l'engorgement du système de transports publics, en mars 2012.

Deux hommes, respectivement âgés de 18 et 24 ans, ont été tués par balle jeudi soir à Suba et à Engativa, à l'ouest de Bogota. Les circonstances n'ont pas encore été éclaircies, selon le chef de la sécurité de la capitale, Alfonso Jaramillo.

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