DIVERTISSEMENT

«La vie parfaite», à Ici Radio-Canada Télé : parents au bord de la crise de nerfs (VIDÉO)

30/08/2013 07:56 EDT | Actualisé 30/10/2013 05:12 EDT

La scène sera sans doute familière à plusieurs parents. Des petits pieds montent sur une chaise, puis sur le comptoir. La minuscule main s’étire bien haut pour prendre la boîte de céréales dans l’armoire la plus élevée de la cuisine. L’enfant s’élance dans un saut périlleux… puis tombe lourdement et bruyamment sur le plancher. Bébé se réveille en hurlant, l’ado, en maugréant, et maman, dans un effroyable sursaut. Et il n’est que quatre heures du matin…

Bienvenue dans l’univers complètement chaotique des Pedneault – Péloquin, famille recomposée que vous découvrirez avec un immense bonheur tout l’automne, à Ici Radio-Canada Télé, le mercredi, à 21h30. Dans La vie parfaite, rien n’est parfait. C’est plutôt le contraire; tout cloche joyeusement. Et c’est tant mieux. Car les essoufflantes et cocasses péripéties de ces banlieusards de la classe moyenne vous feront rigoler un bon coup.

Daniel Thibault et Isabelle Pelletier, le couple d’auteurs derrière Mirador, signent ici une comédie calquée sur leur quotidien de chefs de clan d’une marmaille aujourd’hui âgée de 8 à 20 ans. Les gaffes et les chicanes enfantines, ils connaissent. Et bien des papas et des mamans se reconnaîtront dans leur esquisse d’un modèle de « métro-boulot-dodo » plein de détours et d’imprévus.

Portrait de famille

Éric Pedneault (Steve Laplante) et Julie Péloquin (Catherine Trudeau) sont très amoureux et tiennent tant bien que mal le gouvernail de leur petit navire, qu’on imagine campé en périphérie du Quartier Dix30, à Brossard, et qui compte trois jeunes moussaillons. Il y a d’abord Élodie (Lili-Anne Paquette), la fille de Julie, une adolescente de 13 ans manipulatrice à outrance, qui utilise autant son problème de poids que le désarroi engendré par le départ de son père – survenu 10 ans plus tôt – pour endormir sa mère et lui faire accepter ses moindres caprices. Il y a ensuite Mathis (Ézékiel Séguin), le fils d’Éric, une tornade de cinq ans qui ne parle pas encore et qui collectionne les éraflures et les ecchymoses. Vous craquerez assurément pour la bouille d’ange du gamin, qui, une fois que ses parents ont le dos tourné, se transforme en charmant petit démon.

Et enfin, il y a Mégane (Allie ou Léanne Larrivée), le bébé miracle de six mois d’Éric et Julie, née à la suite d’une vasectomie manquée. Adorable, la fillette agira à titre de narratrice tout au long de la série. On entendra ses pensées, qui nous expliqueront les menus secrets de chaque membre de la tribu. Sans souhaiter pasticher Look Who’s Talking, Daniel Thibault et Isabelle Pelletier ont voulu offrir aux téléspectateurs un regard pur, sans préjugé, sur le tourbillon qui anime la maison des Pedneault – Péloquin, et le procédé fait mouche. La voix cristalline de Mégane nous permet de respirer dans cette cascade effrénée de mésaventures.

Ce tableau délicieusement déjanté sera rapidement complété par l’arrivée d’Estelle (Thérèse Perreault), la mère d’Éric. Attachante et sympathique comme pas une, la dame débarque chez son garçon le matin de la rentrée scolaire, l’urne de son défunt mari dans les mains. Croulant sous les dettes, elle sera forcée, pour s’en sortir, de vendre sa maison… et de s’installer chez Éric et Julie. Une occasion pour nos tourtereaux de souffler un peu, penserez-vous? Peut-être. Mais le problème, c’est que cette Estelle est une catastrophe sur deux pattes. Aux prises avec un déficit d’attention, la grand-maman cumule les maladresses et les oublis. Elle peine à éteindre un téléphone, jette par inadvertance les couches pleines dans le panier à linge sale, emmène fiston à l’école un samedi, met le four sur l’autonettoyant alors qu’un poulet cuit à l’intérieur et déclenche même un incendie dans la baraque. Mais elle est tellement bien intentionnée…

Dans l’entourage des Pedneault-Péloquin gravitent aussi Ghyslain (Rémy Girard), le père de Julie, un bonhomme légèrement parvenu qui a fait fortune en vendant des toilettes chimiques. Avec sa conjointe, la distinguée Michèle (Marie Turgeon), il a adopté une petite Haïtienne, qui sera à un certain moment à l’origine d’un malheureux quiproquo. On fera aussi la connaissance des employés de la boîte de publicité de Julie, dont l’un est personnifié par l’humoriste Billy Tellier, qui tire bien son épingle du jeu. Pierre Collin, Christian Bégin, Antoine L’Écuyer, Léa-Marie Cantin, Sébastien Dhavernas et Gary Boudreault apparaissent également au générique.

Inspiration constante

Cette première saison – on en souhaite déjà une deuxième et une troisième après un trop bref aperçu de deux demi-heures – comptera 13 épisodes aux intrigues bouclées à chaque fois. Pour vous donner une idée du rythme de La vie parfaite, qu’on doit entre autres au réalisateur Louis Choquette, une tranche de 30 minutes compte à elle seule 50 scènes, ce qui constitue généralement la norme pour des épisodes de 60 minutes.

Si Daniel Thibault et Isabelle Pelletier ne vivent pas eux-mêmes la réalité d’une famille recomposée, ils ont choisi de donner cet angle à leur fiction pour en exploiter le potentiel comique. Semble-t-il, d’ailleurs, que les ex respectifs d’Éric et Julie, incarnés par Marianne Farley et Jean-Nicolas Verreault, seront eux aussi de drôles de moineaux.

Lorsque les deux complices ont commencé à plancher sur La vie parfaite, leurs enfants étaient encore très jeunes et ont été une source inépuisable d’inspiration et d’anecdotes. « On avait les deux mains dedans », ont-ils fait remarquer. C’était en 2005 ou en 2007… ils ne sont pas d’accord sur la date.

La vie parfaite prendra l’antenne d’Ici Radio-Canada Télé le 11 septembre.

Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.


INOLTRE SU HUFFPOST

La rentrée culturelle (Automne 2013)