POLITIQUE

BPC de Pointe-Claire: Québec s'apprête à prendre le contrôle du site

30/08/2013 03:41 EDT | Actualisé 29/10/2013 05:12 EDT
Radio-Canada

L'entreprise Les Équipements de puissance Reliance, qui entrepose illégalement des biphényles polychlorés (BPC) à Pointe-Claire, a répondu à l'ordonnance du gouvernement du Québec. Elle entend se conformer aux exigences du ministère de l'Environnement et respecter les étapes menant au nettoyage du site.

L'entreprise doit présenter d'ici mardi un plan préliminaire pour sécuriser le site et planifier l'évacuation, le transport et l'élimination des matières dangereuses présentes sur le site de Pointe-Claire.

Le ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet, accueille avec une « satisfaction prudente » la réponse de Reliance. Le ministère précise dans un communiqué que « la surveillance policière mise en place sur le site depuis le 27 août 2013 sera maintenue aux frais de l'entreprise et demeurera tant que les moyens de sécurisation du site exigés par le ministère n'auront pas été implantés ».

Malgré son scepticisme, le ministère accompagnera l'entreprise et surveillera l'atteinte de chacun des objectifs de même que le respect de l'échéancier. Le gouvernement du Québec fera ainsi l'économie du nettoyage du site qui se fera plutôt - si elle respecte les exigences du ministère de l'Environnement - aux frais de Reliance.

Le ministre Blanchet se fait rassurant envers les citoyens de Pointe-Claire en précisant que son ministère aura l'entreprise Reliance à l'oeil.

Le gouvernement du Québec entend toutefois poursuivre son enquête sur l'entreposage illégal des matières dangereuses sur le site et déposera, le cas échéant, des accusations criminelles contre les propriétaires de l'entreprise.

L'ultimatum de Québec

Le ministère de l'Environnement se préparait à sécuriser et à amorcer le nettoyage du terrain de l'entreprise de Pointe-Claire, dans l'ouest de l'île de Montréal.

Légalement forcé d'accorder un nouveau délai de 24 heures à l'entreprise avant de prendre le contrôle du site, le ministre Yves-François Blanchet a fait parvenir une ordonnance à Reliance, jeudi matin. L'ordonnance allouait 24 heures à l'entreprise pour s'engager à nettoyer le site de Pointe-Claire.

Devant le silence de l'entreprise à la suite des dernières communications avec son ministère, le ministre Blanchet doutait de la volonté de la société à se conformer aux exigences du ministère dans les délais prévus.

Tout était donc en place pour que le ministère de l'Environnement prenne le contrôle du site.

Le ministre Blanchet assurait jeudi que le site serait sécurisé dans les prochains jours et qu'il serait débarrassé de ses produits dangereux dans les prochaines semaines.

Cascades d'avertissements

Un avis préalable expirant à 23 h 59 mercredi avait été envoyé à Reliance sans que la société n'y réponde.

Les élus de la municipalité à l'ouest de Montréal avaient symboliquement tenu un point de presse en pleine nuit, tôt jeudi matin, afin de demander à Québec d'agir promptement pour décontaminer le site.

Le 26 mars dernier, plus de 1000 litres d'huile et d'eau huileuse présentant une importante concentration de BPC se sont déversés sur le terrain de Reliance. Cette information a été confirmée le mardi 27 août par M. Blanchet, qui a précisé que son ministère était en contact avec l'entreprise depuis cinq mois pour régler le problème.

En août 1988, l'explosion d'un entrepôt de BPC à Saint-Basile-le-Grand avait mis en lumière les dangers d'entreposer ce produit toxique cancérigène, dont l'utilisation commerciale est interdite.