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BPC à Pointe-Claire: l'entreprise fautive sera surveillée étroitement par Québec

30/08/2013 10:17 EDT | Actualisé 30/10/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - La compagnie Reliance, qui entrepose illégalement des biphényles polychlorés (BPC), à Pointe-Claire, dans l'ouest de Montréal, accepte de se soumettre à l'ultimatum lancé par Québec pour sécuriser les lieux et décontaminer les sols.

Dans une lettre transmise jeudi soir, le directeur général Ted Marshall annonce que l'entreprise va se conformer à l'ordonnance du gouvernement et ainsi assumer les coûts de l'opération.

D'ici mardi, l'entreprise devra fournir un plan d'action préliminaire au ministère de l'Environnement. Ce plan devra notamment prévoir des mesures pour assurer la sécurité du site et l'entreposage sécuritaire des BPC. Ceux-ci devront ensuite être déplacés vers un lieu sécuritaire et répertorié.

Le plan devra également comporter des mesures pour décontaminer les sols et éliminer les matières dangereuses résiduelles.

Le ministère de l'Environnement a rendu la nouvelle publique vendredi matin. Le ministre Yves-François Blanchet a toutefois indiqué qu'il acceptait cette réponse avec une «satisfaction prudente».

M. Blanchet promet de redoubler de vigilance afin d'avoir la certitude que «l'ordonnance sera respectée dans son intégralité».

Son niveau de méfiance à l'endroit de l'entreprise découle du comportement des dirigeants de Reliance, a-t-il spécifié.

Le ministre a ajouté que son équipe demeurera très présente sur les lieux «afin de veiller à la mise en oeuvre immédiate des conditions de l'ordonnance».

Il a dit vouloir ainsi éviter d'avoir droit à une simple «parade» de la part de l'entreprise simplement destinée à «gagner du temps».

D'après M. Blanchet, ce serait peine perdue pour Reliance d'essayer d'étirer la sauce puisque «la vitesse de réalisation de la décontamination sera la même que si le ministère en avait pris la charge».

Il a tenu à souligner que c'est la compagnie qui assumera les coûts de cette opération.

Il a également indiqué que si elle ne fait pas ses devoirs correctement, le ministère prendra le relais mais lui fera parvenir la facture.

Il faisait ainsi écho aux préoccupations exprimées par le maire de Pointe-Claire, Bill McMurchie, qui craint que la direction de Reliance ne soit engagée dans «une manoeuvre pour obtenir un délai indu au détriment de la santé et de la sécurité de la population».

Par ailleurs, des démarches auprès du Directeur des poursuites criminelles et pénales sont toujours en cours afin de déterminer si des poursuites seront entreprises contre Reliance.

La présence policière est également maintenue sur le site aux frais de la compagnie.

Selon Yves-François Blanchet, l'entreprise «demeure sous haute surveillance». Il y voit une façon de répondre aux «inquiétudes des citoyens».

Certains d'entre eux demeurent tout de même angoissés. Par exemple, Richard Doré soutient qu'il n'aurait jamais acheté sa demeure s'il avait su que des BPC étaient entreposés à proximité. Il avoue avoir peur que la compagnie ne ferme ses portes et laisse les travaux en plan.

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