POLITIQUE

Signes religieux: Couillard réaffirme la position traditionnelle du PLQ

29/08/2013 10:54 EDT | Actualisé 29/10/2013 05:12 EDT
PC

RIVIÈRE-DU-LOUP, Qc - La position du Parti libéral du Québec (PLQ) va demeurer inchangée sur la question controversée du port de signes religieux.

Ainsi, la seule interdiction prônée par un éventuel gouvernement libéral serait d'avoir le visage caché. Pour le reste, le PLQ de Philippe Couillard croit, comme le gouvernement précédent de Jean Charest, qu'il n'est pas souhaitable d'interdire à quiconque de porter des signes religieux, qu'il s'agisse d'employés de l'État, voire de figures d'autorité comme les juges ou les policiers.

La précision a été faite par le chef du parti, M. Couillard, jeudi, en point de presse, à l'entrée du caucus des députés libéraux réunis pour deux jours à Rivière-du-Loup en vue de préparer la prochaine session parlementaire.

«Sur le port de signes religieux, notre position, qui ne change pas, est celle contenue dans le projet de loi 94», a-t-il dit, préférant parler d'économie que de questions identitaires.

Officiellement, la position du PLQ n'est pas encore arrêtée sur la future charte des valeurs québécoises, le port de signes religieux par les employés de l'État ou encore la gestion des demandes d'accommodement religieux. Un comité du parti doit remettre un rapport sur la question prochainement et le chef a promis de présenter une position étayée, réfléchie, globale «et pleine de gros bon sens».

En attendant, M. Couillard a tenu à remettre les pendules à l'heure sur la question de la laïcité de l'État, au lendemain de déclarations du député Pierre Paradis, qui semblaient indiquer une ouverture du parti à envisager l'interdiction de porter des signes religieux.

L'ancien gouvernement libéral avait déposé le projet de loi 94, jamais adopté, qui prévoyait que les services de l'État devaient être donnés et reçus à visage découvert.

Pour les libéraux, donc, seul «le voile facial» doit être exclu des services publics, «pour des raisons d'identification, de communication et de sécurité», a fait valoir M. Couillard.

«Sur cette question fondamentale, notre position ne changera pas», a-t-il tranché, s'éloignant du rapport de la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements religieux, qui recommandait d'interdire aux représentants de l'État exerçant une fonction d'autorité de porter des signes religieux.

Or, il ne faut pas confondre la neutralité religieuse de l'État et celle des individus, a tenu à rappeler M. Couillard.

Le gouvernement minoritaire de Pauline Marois ne pourra donc d'aucune façon compter sur l'opposition libérale pour faire adopter son projet de charte des valeurs québécoises, dont les grandes orientations seront connues en septembre. Un projet de loi suivra.

M. Couillard a dit qu'il valait mieux s'occuper «des vraies affaires» comme l'économie et l'emploi.

«Quel problème est-on en train d'essayer de régler?», s'est interrogé le chef libéral.

Il dit déplorer que le débat sur les valeurs se résume à l'heure actuelle «à un débat sur l'accoutrement et le guide vestimentaire des gens».

Selon lui, le gouvernement Marois aborde la question de l'affirmation identitaire, autour des signes religieux, pour «faire diversion» et ne pas s'attaquer aux problèmes économiques.

Au terme de la première journée de caucus, M. Couillard y est allé de cinq propositions ciblées de natures économique et fiscale qui, selon lui, pourraient être mises de l'avant dès maintenant par le gouvernement: crédit d'impôt de 3000 $ pour la rénovation domiciliaire axée sur l'efficacité énergétique, relance des travaux sylvicoles pour soutenir l'industrie forestière, augmentation des budgets d'Export Québec, congé de taxe sur la masse salariale aux PME qui embauchent un nouvel employé et crédits d'impôts aux travailleurs âgés.

Ce type d'initiatives «augmente les revenus du gouvernement», a dit M. Couillard, en implorant la première ministre de ne pas renoncer à rétablir l'équilibre budgétaire en 2013-2014. «C'est très important», selon lui.

À court terme, la priorité doit être accordée au secteur manufacturier, «pour créer des emplois rapidement», a commenté le chef libéral en point de presse.

Le jour même, Desjardins publiait un bulletin relatant que le secteur manufacturier était en panne au Québec, accusant une perte de 4 pour cent depuis le début de l'année.

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