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L'Unesco veut protéger l'héritage culturel syrien menacé par la guerre

29/08/2013 06:30 EDT | Actualisé 29/10/2013 05:12 EDT

PARIS - L'Unesco tente d'élaborer un plan afin de protéger l'héritage culturel de la Syrie, notamment les nombreux lieux archéologiques du pays, ainsi que ses mosquées et églises anciennes.

Des objets anciens provenant de la Syrie sont apparus sur le marché noir depuis quelque temps. Des lieux archéologiques ont été pillés, tandis que le minaret d'une mosquée d'Alep datant du 11e siècle a été détruit.

L'Unesco, l'organisation culturelle de l'ONU, a tiré les dures leçons des guerres en Irak et en Afghanistan, et espère pouvoir limiter les dommages causés par la guerre en Syrie.

Mais la destruction a déjà fait son oeuvre, notamment dans la Grande mosquée d'Alep, dont le minaret s'est effondré en avril lors des combats entre forces gouvernementales et rebelles.

La mosquée, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, était le coeur de la vieille ville d'Alep, avec une place de marché médiévale qui a brûlé lors d'un incendie provoqué par les affrontements en septembre 2012.

Maamoun Abdulkarim, directeur des antiquités syriennes, a précisé que 10 000 lieux archéologiques et 40 musées avaient besoin d'être protégés contre les «événements douloureux» qui se déroulent depuis deux ans et demi en Syrie.

«La crise humanitaire est catastrophique. Il s'agit également d'une catastrophe pour l'héritage culturel de la Syrie», a déclaré Lakhdar Brahimi, l'émissaire spécial de l'ONU en Syrie, qui a assisté à la rencontre de l'Unesco à Paris.

«Il y a peu de pays aussi riches culturellement, qui ont un passé aussi glorieux, qui sont si importants pour ce que nous sommes et pour tout ce qui a fait la civilisation humaine», a ajouté M. Brahimi.

La directrice de l'Unesco, Irina Bokova, a affirmé jeudi que l'organisation avait tiré les leçons du pillage et de la destruction qui ont accompagné les guerres en Irak et en Afghanistan. L'Unesco tente de désigner des lieux prioritaires et encourage les résidants à les protéger, a-t-elle dit.

M. Abdulkarim a affirmé que le gouvernement syrien avait mis à l'abri les objets les plus précieux exposés dans les musées du pays, dans une volonté d'éviter ce qui s'est produit en Irak en 2003. Il a assuré que les Syriens, indépendamment de leurs convictions politiques, étaient de plus en plus sensibles à la protection de leur héritage culturel.

«Les populations locales jouent un rôle vital. Tout le monde comprend la nécessité de protéger notre héritage», a affirmé M. Abdulkarim.

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