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Les députés britanniques disent non à une intervention militaire en Syrie

29/08/2013 09:51 EDT | Actualisé 29/10/2013 05:12 EDT

LONDRES - Les députés britanniques ont voté contre une intervention militaire en Syrie, jeudi soir, infligeant une surprenante défaite au premier ministre David Cameron, qui semblait sur le point de se lancer dans une offensive avec les États-Unis et d'autres pays pour punir le régime syrien après la présumée attaque chimique de la semaine dernière près de Damas.

Le gouvernement a perdu le vote par seulement 13 voix. Le vote n'était pas contraignant, mais en pratique, l'opposition des députés signifie que M. Cameron a maintenant les mains liées.

Dans une déclaration laconique devant le Parlement, le premier ministre a affirmé qu'il était maintenant clair que les Britanniques ne veulent pas s'engager dans une opération militaire en Syrie. Il a déclaré que même s'il croyait à une «réponse forte» à l'attaque chimique, il respecterait la volonté de la Chambre des communes et de la population.

Réagissant à ce vote, en soirée, la Maison-Blanche a annoncé que la décision que prendra le président Barack Obama quant à une éventuelle intervention militaire américaine en Syrie tiendra compte des meilleurs intérêts du pays, laissant sous-entendre que les États-Unis pourraient agir seuls si d'autres nations ne veulent pas aider. Le dénouement survenu à Londres porte un dur coup aux efforts du président américain de former une coalition internationale afin de mener une frappe en Syrie.

Selon Caitlin Hayden, porte-parole du Conseil de sécurité nationale, M. Obama croit que des intérêts américains de grande importance sont en jeu en Syrie. Elle a ajouté que les pays qui transgressent les normes internationales sur les armes chimiques doivent être tenus responsables.

Le ministre de la Défense de la Grande-Bretagne, Philip Hammond, a confirmé que les forces britanniques ne collaboreraient à aucune frappe, une décision qui, a-t-il reconnu, allait sûrement décevoir Washington — et plaire à Bachar el-Assad.

«Ça va certainement créer des tensions dans cette relation bien spéciale», a déclaré M. Hammond sur les ondes de la radio de la BBC. «Les Américains comprennent le processus parlementaire que nous devons respecter... Le bon sens doit nous faire réaliser que le régime El-Assad se sentira un peu moins inconfortable, ce soir, à la suite de la décision adoptée au Parlement», a-t-il renchéri.

Plus tôt jeudi, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU se sont réunis pour la deuxième fois en deux jours, mais la rencontre a pris fin rapidement, sans aucun signe d'accord face à la crise en Syrie.

La réunion s'est terminée après moins d'une heure. Les ambassadeurs de la Chine, de la France, du Royaume-Uni, de la Russie et des États-Unis sont sortis de la salle les uns après les autres, sans s'adresser aux journalistes.

Un diplomate occidental, qui a réclamé l'anonymat parce que les discussions se sont déroulées à huis clos, a précisé que la réunion avait été convoquée par la Russie. La mission russe à l'ONU a refusé de commenter l'information.

La Russie reste fermement opposée à une intervention militaire, affirmant qu'aucune preuve ne montre la responsabilité du régime syrien dans cette présumée attaque.

Le Royaume-Uni, les États-Unis et la France blâment le régime syrien pour la présumée attaque chimique du 21 août dans les banlieues de Damas. Selon Médecins sans frontières, au moins 355 personnes ont été tuées. Le gouvernement syrien nie toute implication, attribuant la faute aux rebelles.

Le président américain, Barack Obama, n'a pas encore décidé comment son administration réagira à la situation. Mais mercredi, il a laissé entendre que les États-Unis se dirigeaient vers une possible frappe punitive, en affirmant avoir «conclu» que le régime syrien est responsable de l'attaque.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a appelé les pays occidentaux à repousser toute décision sur une intervention en Syrie jusqu'à ce que les inspecteurs de l'ONU présentent les conclusions de leur enquête sur l'attaque chimique.

En France, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a déclaré que les forces armées françaises étaient «en position de répondre aux demandes et requêtes du président» s'il décide de participer à une opération en Syrie.

François Hollande a rencontré jeudi le chef de l'opposition syrienne, mais il n'est pas allé jusqu'à annoncer le début d'une intervention militaire en Syrie. M. Hollande n'a pas besoin d'obtenir l'appui de l'Assemblée nationale pour lancer une opération militaire.

Les autorités françaises ont refusé de commenter les informations voulant qu'une frégate ait quitté le sud de la France pour se diriger vers la Syrie afin de participer à une éventuelle opération militaire.

Le président syrien a haussé le ton jeudi face aux pays occidentaux, affirmant que la Syrie avait l'intention de se défendre contre toute agression. Ses commentaires ont été publiés par l'agence de presse syrienne SANA.

«Les menaces de lancer une agression directe contre la Syrie rendront (le pays) encore plus convaincu de ses principes bien établis et de la souveraineté de ses décisions, qui émanent de la volonté de son propre peuple, et la Syrie se défendra contre toute agression», a déclaré Bachar el-Assad.

La menace de frappes internationales contre la Syrie sème l'inquiétude dans les pays voisins.

En Israël, de longues files se sont formées devant les centres gouvernementaux de distribution de masques à gaz, tandis que l'armée a rappelé des centaines de réservistes.

En Turquie, les responsables du centre de gestion des crises ont désigné des abris d'urgence dans sept secteurs le long de la frontière. Une centaine d'experts en armes chimiques ont été déployés dans la région frontalière pour surveiller tout signe d'attaque chimique.

Au Liban, le ministre des Affaires étrangères, Adnan Mansour, a prévenu qu'une opération militaire internationale contre la Syrie représenterait une «menace sérieuse» pour la sécurité et la stabilité de la région, et en particulier du Liban.

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