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Legault croit possible d'adopter une charte si Marois se rapproche de la CAQ

29/08/2013 03:23 EDT | Actualisé 29/10/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, constate une certaine proximité entre sa position sur la charte des valeurs québécoises et celle du gouvernement péquiste, mais ajoute que pour qu'une telle charte puisse être adoptée, c'est le gouvernement Marois qui devra se rapprocher de la position de la CAQ.

Interrogé jeudi alors qu'il était de passage à Montréal pour faire la promotion de son Plan Saint-Laurent, M. Legault s'est dit «assez d'accord» avec le gouvernement Marois sur la question des accommodements pour motifs religieux et «assez en désaccord» avec le point de vue des libéraux de Philippe Couillard.

«Les accommodements religieux, on veut les interdire. Tous les accommodements religieux qui contreviennent à l'égalité homme-femme, qui créent des coûts ou des problèmes d'organisation devraient être refusés. On est assez d'accord avec Mme Marois et assez en désaccord avec M. Couillard» là-dessus, a opiné M. Legault.

Ce qui l'éloigne de la position du gouvernement du Parti québécois sur le port de signes religieux ostentatoires a trait au sort réservé aux fonctionnaires qui n'ont pas une position d'autorité.

M. Legault ne voit pas la nécessité de leur interdire à eux le port de signes religieux, comme il le ferait pour les policiers, les gardiens de prison, les juges ou les enseignants du primaire et du secondaire. Là-dessus, il qualifie sa position de «non négociable».

Il trouve «radical et exagéré» d'étendre l'interdiction aux fonctionnaires qui n'ont pas de position d'autorité, comme veut le faire le gouvernement Marois _ selon les fuites qui ont paru dans les médias et qui n'ont jamais été contredites par le gouvernement.

Hormis cette distinction pour les fonctionnaires qui n'occupent pas un poste d'autorité, il semble y avoir proximité entre la CAQ et le gouvernement.

«Si madame Marois rejoint notre position, on peut effectivement être capable d'adopter rapidement une charte de la laïcité. Si madame Marois accepte de rejoindre notre position, on peut voter un projet de loi», a opiné M. Legault.

Trudeau

Le chef de la CAQ s'en est lui aussi pris au chef libéral fédéral Justin Trudeau, qui a fait un lien entre une telle charte et la ségrégation sous Martin Luther King.

«Je comprends que monsieur (Justin) Trudeau est le fils de monsieur (Pierre Elliott) Trudeau et que la Charte canadienne qui a inscrit le multiculturalisme, c'est quelque chose qu'il se sent peut-être obligé de défendre. Mais moi, je pense que les Québécois ne veulent pas mettre toutes les cultures sur le même pied. Il faut défendre nos valeurs. Nous, on croit à la neutralité de l'État. On croit à l'égalité homme-femme. On croit que c'est important de défendre le patrimoine d'une majorité qui a un passé catholique. Il y a quand même une notion de nation que monsieur Trudeau ne semble pas comprendre», a commenté M. Legault.

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