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La ségrégation s'invite dans le débat sur la charte des valeurs

29/08/2013 09:17 EDT | Actualisé 29/10/2013 05:12 EDT

Le ministre responsable du projet de charte des valeurs québécoises, Bernard Drainville, s'en prend à la façon avec laquelle le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, s'immisce dans le débat en faisant référence à la charte des valeurs québécoises lors d'un discours pour rappeler la lutte à la ségrégation américaine.

« M. Trudeau devrait prendre acte du fait que ce débat se fasse dans le respect de toutes les opinions. [...] Je l'invite à contribuer au débat plutôt que de l'abaisser », a déclaré le ministre Drainville à l'entrée du caucus du Parti québécois à Carleton-sur-Mer.

Dans un discours prononcé mercredi à l'Île-du-Prince-Édouard en marge du caucus de son parti, M. Trudeau a dénoncé le projet du gouvernement québécois de Pauline Marois, alors qu'il soulignait le 50e anniversaire du discours de Martin Luther King, « I have a dream ».

M. Trudeau a rendu hommage au combat de Martin Luther King dans ces mots :  « Ces jours-ci, quand on réfléchit au 50e anniversaire de ce discours magnifique du Dr King, qui refusait la ségrégation, qui refusait la discrimination, qui refusait de permettre de croire qu'il y avait des citoyens de seconde classe, on voit malheureusement que même aujourd'hui, quand on parle, par exemple, de cette idée de charte des valeurs québécoises, qu'il y en a encore qui croient qu'il faut choisir entre sa religion et son identité québécoise, qu'il y a des gens qui sont forcés par l'État québécois de faire des choix irresponsables et inconcevables ».

Trudeau précise sa pensée

Au lendemain de son discours, le chef libéral s'est défendu de comparer la ségrégation à la charte du PQ. « Il n'y a aucun parallèle entre la ségrégation et la charte québécoise. Le parallèle est dans la lutte pour l'ouverture et le respect et l'acceptation de chacun », a-t-il précisé en point de presse.

Le député libéral Stéphane Dion a tenté lui aussi de clarifier la position de son chef, arguant que « les principes sont les mêmes, soit les principes de tolérance et de respect de la diversité ».

« On ne doit pas demander au gouvernement de régir les comportements des citoyens à moins de raisons valables. Et dans le cas du Parti québécois, sa lutte contre les signes religieux pour les fonctionnaires, il n'y a pas de raisons valables », a affirmé l'ancien chef du PLC.

Le ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée, estime pour sa part que les Québécois sont jugés sévèrement par le reste du Canada et invite les partis à « respecter » le point de vue de l'autre.  « De dire qu'on n'a pas le droit, nous, d'avoir cette discussion, c'est un peu excessif [...] Je respecte la position [de M. Trudeau], c'est une réponse possible, mais ce n'est pas la seule possible. Si les Québécois veulent donner une autre réponse, ils ont le droit de le faire » affirme-t-il.

Le projet de charte des valeurs québécoises sera dévoilé par le gouvernement de Pauline Marois à la mi-septembre.

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