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Le Parlement britannique rejette une intervention militaire en Syrie

29/08/2013 06:13 EDT | Actualisé 29/10/2013 05:12 EDT
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Britain's Prime Minister David Cameron (R) speaks during a joint press conference with his Italian counterpart Enrico Letta (L) following a meeting in London on July 17, 2013. AFP PHOTO/POOL/ANDREW WINNING (Photo credit should read ANDREW WINNING/AFP/Getty Images)

Le Parlement britannique a refusé jeudi soir d'autoriser David Cameron à lancer une action militaire en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad accusé d'avoir utilisé des armes chimiques, à l'issue d'un débat marqué par le souvenir de la guerre en Irak.

Après ce camouflet majeur, le Premier ministre s'est aussitôt engagé à respecter ce vote. "Il est clair que le Parlement britannique, qui reflète les opinions du peuple britannique, ne veut pas d'intervention militaire britannique. J'en prends note et le gouvernement agira en conséquence", a-t-il réagi devant le Parlement, sous des huées de députés de l'opposition.

"Je crois fermement à la nécessité d'une réponse forte face à l'usage d'armes chimiques. Mais je crois aussi au respect de la volonté de la Chambre des Communes", a-t-il dit.

Un porte-parole de Downing Street a confirmé à l'AFP que "la Grande-Bretagne ne serait pas impliquée dans une action militaire".

La motion gouvernementale a été rejetée par 285 députés, tandis que 272 l'ont approuvée, après sept heures de discussions à la Chambre des Communes, qui avait été convoquée en session extraordinaire par le Premier ministre.

De nombreux parlementaires, hantés par le précédent irakien et les prétendues armes de destruction massive de Saddam Hussein, avaient exprimé leur scepticisme lors des débats.

L'opposition travailliste, qui compte 257 députés, avait annoncé qu'elle voterait contre la motion, en réclamant des "preuves convaincantes" de l'usage par Damas d'armes chimiques avant toute décision sur une action militaire.

Le Premier ministre avait appelé les parlementaires à répondre à un "crime de guerre", tout en reconnaissant qu'il ne pouvait pas y avoir de certitude absolue de la culpabilité du régime.

"Au bout du compte, il n'y a pas une certitude à 100% sur la question de savoir qui est responsable. Vous devez porter un jugement", avait déclaré David Cameron aux députés.

Mais "le fait que le gouvernement syrien possède et a utilisé des armes chimiques ne fait pas l'ombre d'un doute", avait également estimé le dirigeant conservateur, citant comme preuves les récits de témoins oculaires, les réseaux sociaux, les vidéos.

Pour tenter de convaincre les députés, le gouvernement avait publié les conclusions des services de renseignement britannique jugeant "hautement probable que le régime (syrien) soit responsable des attaques aux armes chimiques du 21 août" et indiquant que le "régime syrien a utilisé des armes chimiques mortelles à 14 occasions depuis 2012".

La motion gouvernementale qui a été rejetée condamnait "l'usage d'armes chimiques en Syrie le 21 août 2013 par le régime d'Assad" et convenait "qu'une réponse humanitaire forte est requise de la part de la communauté internationale, impliquant si nécessaire une action militaire qui soit légale, proportionnée et destinée à sauver des vies en empêchant tout usage futur d'armes chimiques en Syrie".

Elle prévoyait la nécessité d'un deuxième vote à la Chambre des Communes avant de déclencher une action militaire, une fois obtenu le rapport des inspecteurs de l'ONU.

"Il ne s'agit pas de prendre parti dans le conflit, d'envahir, de changer le régime ou même de travailler plus étroitement avec l'opposition (syrienne). Il s'agit de l'usage à grande échelle d'armes chimiques et de notre réponse à un crime de guerre, rien d'autre", avait assuré David Cameron.

Le chef du Labour, Ed Miliband, avait quant à lui fait valoir que "les preuves devaient précéder la décision", sans toutefois exclure par principe toute action militaire. "Il faut que nous tirions les leçons de l'Irak. L'une des leçons les plus importantes est le respect des Nations Unies", avait-il poursuivi.

Le chef de l'Eglise anglicane d'Angleterre, l'archevêque de Cantorbéry Justin Welby, membre de la Chambre des Lords, avait pour sa part averti qu'une intervention risquait de déclencher des représailles contre les chrétiens en Syrie, qui "vont souffrir terriblement".

Le gouvernement britannique avait également publié les conclusions d'experts juridiques selon lesquels le Royaume-Uni "serait toujours autorisé" à mener une intervention militaire, même sans aval du Conseil de sécurité de l'ONU, "en vertu du droit d'ingérence humanitaire".

Londres avait envoyé jeudi matin "par précaution" six avions de chasse à Chypre tout en précisant qu'ils "n'étaient pas déployés pour prendre part à une action militaire contre la Syrie".

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