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Compressions budgétaires fédérales dans la culture: le TNM proteste et riposte

29/08/2013 11:29 EDT | Actualisé 29/10/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le Théâtre du Nouveau Monde proteste à son tour contre les compressions budgétaires du gouvernement fédéral qui affectent le Conseil des arts du Canada et qui amputeront son propre budget de 264 000 $ sur quatre ans.

La directrice artistique et générale du TNM, Lorraine Pintal, a rencontré la presse, jeudi à Montréal, pour expliquer que cette réduction budgétaire de 66 000 $ par année affectera la programmation, les artistes et, ultimement selon elle, le public.

«Le milieu est fragile, parfois la rémunération des artistes de théâtre est difficile. Ça risque malheureusement de se traduire sur du temps de répétition, sur le nombre d'acteurs engagés et sur la qualité de nos créations, mais ce n'est pas ce que je désire», a commenté Mme Pintal.

Certaines compagnies théâtrales ont vu leur subvention amputée de 1 pour cent, d'autre de 5 ou 15 pour cent. Dans le cas du TNM, c'est 10 pour cent.

«Ça fait donc partie des coupures majeures qui vont toucher beaucoup de théâtres établis, de compagnies intermédiaires et même de jeunes compagnies», a résumé Mme Pintal, qui qualifie les choix à faire de «gestion impossible».

Le budget du TNM est composé de 29 pour cent de financement public, le reste provenant de ses revenus autonomes, a-t-elle précisé.

Pour riposter à sa façon, Mme Pintal prévoit présenter une pièce de théâtre sur la colline parlementaire à Ottawa, lorsque la Chambre des communes siégera. Elle y fera une mise en scène de l'Avare, de Molière.

De plus, elle réservera deux sièges au TNM pour la nouvelle ministre du Patrimoine canadien, Shelly Glover, afin de bien illustrer le fait que la ministre responsable du Conseil des arts est absente et ne répond pas aux demandes du milieu.

De même, Mme Pintal a lancé le premier blogue du TNM pour informer les citoyens de la situation et obtenir des appuis à la cause.

Elle étend ses protestations au-delà des compressions budgétaires de 2013-2014, y voyant un problème d'attitude du gouvernement conservateur envers le milieu de la culture. «C'est une volonté du gouvernement fédéral de censurer les artistes», a lancé Mme Pintal, énumérant différentes compressions qui ont été imposées dans le passé à Radio-Canada, Téléfilm Canada, l'Office national du film, le programme des Routes commerciales pour le rayonnement des troupes culturelles, entre autres.

Elle a fait valoir avec une pointe d'amertume que l'argent consacré à la commémoration de la Guerre de 1812 et du Jubilée de la Reine aurait mieux servi le Conseil des arts du Canada, donc les compagnies théâtrales et le milieu de la culture en général.

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