POLITIQUE

Charte des valeurs: les droits fondamentaux des Canadiens devront être respectés, dit Stephen Harper (VIDÉO)

29/08/2013 01:09 EDT | Actualisé 29/10/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Invité dans le tumultueux débat sur la charte des valeurs québécoises, le premier ministre Stephen Harper a affirmé jeudi qu'il allait s'assurer que les droits fondamentaux de tous les Canadiens soient respectés.

Il s'est par ailleurs voulu prudent, notamment parce qu'il n'a pas encore vu la proposition du gouvernement de Pauline Marois.

«J'ai entendu toutes sortes de choses, certaines qui causent plus de préoccupations que d'autres», a-t-il dit au sujet de cette charte et de la place des symboles religieux dans la société.

Mais il y avait une autre raison pour sa retenue.

«Je sais très bien que le gouvernement souverainiste cherche des chicanes avec Ottawa», a-t-il ajouté lors d'un point de presse à Toronto, pour annoncer un projet de loi augmentant les peines pour les prédateurs sexuels.

L'important est l'inclusion sociale de tous les groupes canadiens, a toutefois souligné M. Harper.

«Et nous assurerons que les droits de tous les Canadiens, les droits fondamentaux de tous les Canadiens soient protégés», a-t-il poursuivi.

Le premier ministre a affirmé ne pas rechercher le conflit ni à diviser les citoyens.

Ses priorités demeurent l'économie et la création d'emploi, a-t-il insisté lorsqu'interrogé jeudi sur la proposition de charte qui n'a pas encore été rendue publique.

«Et notre travail est de faire en sorte que tous les groupes qui viennent dans notre pays, quelque soit leur origine, leur race, leur ethnicité, quelque soit leur religion, se sentent chez eux dans ce pays et soient des Canadiens».

Les critiques envers le projet de charte péquiste ont fusé au cours des derniers jours, à la suite de la publication d'un reportage — s'appuyant sur des sources anonymes — qui rapportait que le gouvernement a l'intention d'interdire le port de symboles religieux à tous les employés du secteur public.

M. Harper avait été discret jusqu'à maintenant sur le sujet, estimant que le débat était une affaire provinciale.

Mais jeudi, il a dit que son gouvernement allait examiner la proposition du gouvernement Marois dès qu'il l'aura entre ses mains.

Son équipe a suivi le mot d'ordre de la prudence dans ce débat, comme l'a démontré jeudi le ministre des affaires étrangères, John Baird.

«Selon moi, ce n'est jamais une bonne idée pour un élu d'une autre province d'entrer (d'intervenir) dans la politique d'une autre province. Je suis un ancien élu de l'Ontario et on n'était pas très heureux lorsque des élus d'une autre province intervenaient dans nos politiques. On n'était pas toujours heureux quand des élus du Québec intervenaient dans le domaine de la politique ontarienne», a-t-il dit en point de presse à Québec.

Tout au plus, le ministre fédéral a réitéré «son appui profond» à la liberté religieuse et à la liberté de culte «partout dans le monde».

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) Thomas Mulcair et le chef des libéraux ont été plus volubiles.

Justin Trudeau a manifesté ses inquiétudes par rapport au projet de charte des valeurs, parlant même d'«intolérance».

Quant à M. Mulcair, il a mis Pauline Marois en garde, martelant qu'il allait s'opposer à la charte si elle s'écartait des recommandations de la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables.

Justin Trudeau et la marijuana

Après le maire de Toronto Rob Ford et la première ministre de l'Ontario Kathleen Wynne qui y ont goûté, le premier ministre Harper n'a pas échappé à la question actuellement posée à tous les politiciens. A-t-il déjà fumé de la marijuana?

«Est-ce que j'ai l'air de quelqu'un qui fume de la marijuana?», a-t-il calmement lancé à une journaliste, avec un sourire tranquille. Il a ensuite dit souffrir d'asthme pour expliquer, ou appuyer, sa réponse.

Mais l'occasion était bonne pour écorcher au passage le chef des libéraux, Justin Trudeau, qui veut légaliser la marijuana et avec ses révélations, faire de l'honnêteté son image de marque. Celui-ci a récemment admis avoir fumé quelques joints, et au moins une fois après avoir été élu député. Ses déclarations ont lancé la ronde des questions aux politiciens sur leur consommation de drogue.

Le premier ministre a répété jeudi une critique déjà lancée au chef du Parti libéral, soit que Justin Trudeau avait fait preuve «de manque de jugement» avec son usage de marijuana.

«Je regarde le contraste entre le fait qu'il fasse la promotion de la marijuana pour nos enfants et le fait qu'il ait dit mercredi qu'il n'aurait pas de politique économique pour encore plusieurs années», a-t-il ironisé.

Le Parti conservateur se targue d'être le champion de l'économie et cherche à se distinguer de son adversaire libéral sur ce terrain.

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