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Charte des valeurs: Québec va garder son aumônier, prévient Labeaume

29/08/2013 04:40 EDT | Actualisé 29/10/2013 05:12 EDT

QUEBEC - Charte des valeurs ou non, la Ville de Québec entend conserver les services de son aumônier, a fait savoir jeudi le maire Régis Labeaume.

La possibilité que le gouvernement péquiste étende aux villes les exigences de laïcité n'indispose pas le maire Labeaume pour autant que le crucifix reste en place dans la salle du conseil et que l'aumônier puisse poursuivre sa mission auprès des pompiers, policiers et fonctionnaires municipaux.

«Voyez-vous, on a un aumônier à la Ville et on veut garder notre aumônier (...) ça fait partie de la tradition et je suis un peu traditionnaliste aussi», a lancé M. Labeaume en point de presse aux côtés de l'historien et sociologue Gérard Bouchard, co-auteur du rapport Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables.

MM. Labeaume et Bouchard participaient, à titre de diplômés, à un point de presse soulignant les 75 ans de la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval.

Contrairement à son collègue Charles Taylor qui a fait une sortie tonitruante récemment contre la charte des valeurs _ comparant le Québec à la Russie de Vladimir Poutine _ M. Bouchard est demeuré discret, voire secret.

«Il y a certaines déclarations qui m'inquiètent, d'autres qui me rassurent», a souligné M. Bouchard au sujet des propos entendus jusqu'ici concernant la charte.

Il a dit préférer attendre de voir les mesures que proposera le gouvernement avant de commenter plus avant.

«Je crois percevoir, surtout depuis une semaine, que le débat évolue et que la position des partis change ou se précise, a déclaré le sociologue. Le PQ lui-même semble être en mouvement mais dans des directions qui semblent difficiles à saisir pour le moment. Ça bouge. Non seulement c'est divergeant mais ça bouge. La prudence invite à attendre que ça s'arrête».

De son côté, le maire de la capitale s'entretiendra mardi avec le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, pour connaître les intentions du gouvernement envers le monde municipal.

«On ne connaît pas la teneur de la charte, la teneur de la loi qui viendra avec, la réglementation très importante. Au moment où on se parle, on est un peu dans les limbes», a admis M. Labeaume.

S'il est d'accord pour que l'administration de la Ville «baigne dans un environnement de laïcité», M. Labeaume s'oppose à ce que la «tradition» soit sacrifiée sur l'autel de la neutralité religieuse.

A son avis, le travail de l'aumônier fait partie de cette tradition qu'il faut conserver.

«On peut avoir un psychologue à la Ville mais on a un aumônier. Il a passé presque un mois à Lac-Mégantic», a précisé M. Labeaume, voulant illustrer le travail de l'abbé René Roy auprès des gens en détresse.

Associé au service de Protection contre l'incendie à Québec, l'abbé Roy officie auprès de la Ville depuis une dizaine d'années, selon un porte-parole de la mairie. Il est le successeur d'une longue lignée d'aumôniers municipaux.

Quant à la présence du crucifix dans la salle du conseil municipal, le maire Labeaume a dit avoir réglé ce dossier il y a déjà quelques années.

«La première fois qu'on m'a demandé si le crucifix va rester là, il y a peu près cinq ans, je ne me suis pas cassé la tête. Le patrimoine va rester là», a-t-il tranché.

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