NOUVELLES

BPC: Pointe-Claire devra patienter, Québec n'interviendra pas avant vendredi

29/08/2013 11:26 EDT | Actualisé 29/10/2013 05:12 EDT

CARLETON-SUR-MER, Qc - Les citoyens de Pointe-Claire devront encore patienter. Le ministère de l'Environnement n'interviendra pas avant vendredi matin sur le terrain d'une entreprise qui entrepose illégalement des BPC, des biphényles polychlorés, malgré plusieurs avertissements depuis mars.

Le ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet, avait pourtant laissé entendre que l'ultimatum venait à échéance mercredi soir. Mais maintenant il dit ne pas avoir le choix d'attendre encore 24 heures.

À compter de vendredi matin, donc, si l'entreprise ne donne pas l'assurance qu'elle se conformera «hors de tout doute», les équipes du ministère prendront le contrôle des lieux, a assuré le ministre.

L'avis préalable arrivait à échéance mercredi soir et l'entreprise Les équipements de puissance Reliance n'avait toujours pas donné suite. Toutefois, l'ordonnance prévue a été signée seulement jeudi matin. M. Blanchet soutient que «tout est déjà en place» pour que les autorités exécutent les étapes nécessaires à la sécurisation et à la décontamination.

En point de presse jeudi matin en marge du caucus du gouvernement qui se tient à Carleton-sur-Mer, en Gaspésie, le ministre a dit qu'il ne s'attend à une réponse favorable de l'entreprise, à laquelle il ne fait pratiquement plus confiance.

«Je laisse la chance minimale à laquelle la loi me contraint, a-t-il indiqué. S'il n'en tenait qu'à moi, il n'y aurait pas eu de dernière chance.»

Le ministère a affirmé qu'il avait été mis au courant de la situation seulement après le déversement d'entre 800 et 1200 litres d'huile et d'eau huileuse sur la propriété le 26 mars.

Par la suite, six inspections ont été faites, trois avis de non-conformité émis, une mise en demeure acheminée, en plus de l'avis préalable échu depuis mercredi et de l'ordonnance. En outre, le ministère accumule des renseignements dans le but de transférer le dossier au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

L'intervention éventuelle du ministère de l'Environnement à compter de vendredi pourrait coûter quelques millions de dollars au Trésor québécois, a convenu M. Blanchet, sans vouloir s'avancer sur des chiffres précis. Les autorités pourraient prendre une hypothèque légale sur les actifs de la compagnie.

Si elles interviennent tel que prévu vendredi matin, les équipes du ministère commenceront par sécuriser les lieux, en exigeant entre autres la mise en place de systèmes de détection et d'extinction des incendies. Elles dresseront en quelque sorte un diagnostic en faisant une caractérisation, qui porte sur la nature des contaminants, leur confinement, etc. Par la suite, elles pourront décider de la façon dont il faudra disposer des contaminants.

Le ministre a tenu à rappeler qu'en 2000, il y avait 1220 tonnes de BPC au Québec, et maintenant, il n'en resterait que 15 tonnes officiellement rapportées.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a pour sa part critiqué le ministre Blanchet pour ne pas avoir su et le ministère pour ne pas avoir fait un suivi rigoureux du dossier.

«Je trouve ça assez surprenant de voir Yves-François Blanchet se cacher derrière ses fonctionnaires en disant 'je n'étais pas au courant; mes fonctionnaires ne me l'avaient pas dit'. Quelqu'un va devoir lui expliquer ce que ça veut dire être ministre et ça veut dire être responsable des employés qui sont dans son ministère. J'espère qu'il va procéder aux changements rapidement dans son ministère pour s'assurer que ce genre d'information devienne publique rapidement» à l'avenir, a commenté M. Legault, alors qu'il était de passage à Montréal.

Il a rappelé que des responsables auraient peut-être pu intervenir plus tôt s'ils avaient été mis au courant du problème à temps.

PLUS:pc