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Une substance chimique a été utilisée en Syrie, affirme l'ONU

28/08/2013 06:15 EDT | Actualisé 28/10/2013 05:12 EDT
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WASHINGTON - Les États-Unis ont conclu que le gouvernement syrien est responsable de l'attaque chimique contre des civils survenue la semaine dernière près de Damas, a déclaré le président Barack Obama mercredi.

Les autorités américaines ont examiné les preuves et ne pensent pas que les rebelles qui combattent le régime de Bachar el-Assad possèdent des armes chimiques, ni qu'ils aient les moyens de se servir de telles armes, a indiqué M. Obama.

Le président a toutefois répété que son administration n'avait pas encore décidé de quelle façon les États-Unis réagiront à la situation.

La Maison-Blanche a indiqué qu'elle envisageait une intervention militaire en Syrie, tout en tentant d'obtenir l'appui de ses alliés internationaux. Mais jusqu'à maintenant, les États-Unis n'ont pas présenté de preuve concrète de l'implication du gouvernement syrien dans l'attaque.

Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU n'ont pas réussi à s'entendre, mercredi, sur une proposition de résolution britannique qui autoriserait l'usage de la force en Syrie.

Si elle finit par être soumise au vote, la résolution risque de toute façon d'être bloquée par le veto de la Russie et de la Chine, qui ont déjà empêché de précédentes tentatives de sanctionner le régime du président Bachar el-Assad.

Les ambassadeurs des cinq membres permanents se sont réunis durant quelques heures mercredi au siège de l'ONU à New York, et le texte de résolution a été transmis aux gouvernements concernés pour consultation, a indiqué un diplomate occidental sous le couvert de l'anonymat.

Selon ce diplomate, la Russie a réitéré ses objections face à une intervention internationale dans la crise syrienne.

L'ambassadrice américaine, Samantha Powers, et l'ambassadeur britannique, Mark Lyall Grant, ont quitté la réunion sans s'adresser aux journalistes.

D'après un porte-parole du premier ministre britannique David Cameron, le texte de résolution prévoit de «prendre toutes les mesures nécessaires en vertu du chapitre 7 de la Charte des Nations unies afin de protéger les civils contre les armes chimiques».

Le chapitre 7 de la Charte autorise l'usage international de la force pour soutenir les décisions prises par l'ONU.

Le secrétaire au Foreign Office britannique, William Hague, a précisé que les discussions sur la crise syrienne se poursuivraient au cours des prochains jours.

«Il est temps que le Conseil de sécurité de l'ONU assume ses responsabilités face à la Syrie, ce qu'il a échoué à faire depuis deux ans et demi», a-t-il dit.

Les responsables américains de la Défense s'affairent à élaborer une stratégie militaire pour dissuader toute nouvelle attaque chimique en Syrie et évaluent la façon dont le régime de Bachar el-Assad pourrait réagir à une attaque, ont indiqué deux hauts responsables sous le couvert de l'anonymat.

Les agences américaines de renseignement se prépareraient à publier un rapport exposant les preuves de l'implication du régime syrien dans l'attaque chimique alléguée contre des civils. Une version confidentielle de ce rapport devrait être remise à certains membres du Congrès, et une version censurée sera diffusée publiquement.

«Si une action est entreprise, son objectif et sa justification doivent être clairement définis» et «s'appuyer sur des faits», a déclaré un haut responsable de l'administration sous le couvert de l'anonymat.

Ce responsable a indiqué que les États-Unis envisageaient plus qu'une seule série de frappes aériennes. L'opération pourrait durer plus d'un jour, selon ce responsable.

L'objectif d'une opération serait de paralyser l'armée gouvernementale syrienne et de neutraliser les armes qu'elle possède pour empêcher une nouvelle attaque chimique. Les frappes seraient probablement menées par des missiles de croisière à basse altitude, tirés à partir de l'un des quatre navires de guerre américains déployés dans l'est de la Méditerranée.

La stratégie militaire à privilégier et l'échéancier d'une éventuelle opération font partie des questions que l'administration Obama continue d'étudier.

Aucune nouvelle arme défensive américaine n'a été déployée dans la région en vue d'une attaque en Syrie, a indiqué le responsable. Les États-Unis ont déjà déployé des systèmes antimissiles Patriot en Jordanie et en Turquie.

Selon l'autre responsable américain consulté par l'Associated Press, l'administration Obama a déterminé qu'elle serait en mesure de contenir toute réplique syrienne dans l'éventualité d'une attaque américaine.

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