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Une «substance» a été utilisée en Syrie, selon l'émissaire spécial de l'ONU

28/08/2013 02:50 EDT | Actualisé 28/10/2013 05:12 EDT

GENÈVE - Des preuves laissent penser qu'une certaine «substance» a été utilisée en Syrie et pourrait avoir fait plus de 1000 morts, a déclaré mercredi l'émissaire spécial des Nations unies pour la Syrie, Lakhdar Brahimi.

M. Brahimi a toutefois souligné qu'une intervention militaire en Syrie devrait d'abord obtenir le feu vert du Conseil de sécurité de l'ONU.

L'émissaire spécial s'est adressé aux journalistes à Genève, alors qu'en Syrie, les enquêteurs de l'ONU ont prélevé des échantillons biologiques auprès des victimes de l'attaque dans la banlieue est de Damas.

Selon Médecins sans frontières, l'attaque de mercredi dernier a fait au moins 355 morts. M. Brahimi a affirmé qu'il y avait eu «certainement plus d'une centaine» de morts, et que certaines informations laissent penser qu'il pourrait y avoir eu au-delà de 1000 morts.

Il n'a pas dit de quelle source provenait cette information, mais a rappelé que des enquêteurs de l'ONU sont présents sur le terrain pour faire la lumière sur cette attaque. Il a précisé que ses informations ne provenaient pas des puissances occidentales.

Les enquêteurs «ont déjà passé une journée dans la zone où la substance, peu importe de quoi il s'agit, a été utilisée», a indiqué M. Brahimi. «Ils sont revenus avec beaucoup d'échantillons, ils ont aussi discuté avec des médecins et des témoins.»

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a affirmé mercredi que les inspecteurs avaient besoin de quatre jours pour compléter leur enquête en banlieue de Damas. Il a confirmé que les inspecteurs avaient passé une deuxième journée, mercredi, sur les lieux de l'attaque.

«Laissons-les terminer (...) leur travail pendant quatre jours, et ensuite, nous allons faire des analyses scientifiques» et un rapport un Conseil de sécurité, a dit M. Ban.

Le secrétaire général a souligné qu'aucune action militaire ne devrait être entreprise avant que l'enquête de l'ONU soit terminée.

Les enquêteurs se sont rendus mercredi dans les banlieues de Mleeha et Zamalka, selon des militants de l'opposition. Une vidéo amateur montre un convoi de cinq véhicules portant l'insigne de l'ONU, suivis par des camions de rebelles armés.

La vidéo montre des enquêteurs qui visitent une clinique et qui interrogent un homme avec l'aide d'un traducteur. On peut entendre l'un des inspecteurs dire que son équipe a récolté des échantillons de sang, d'urine et de cheveux.

L'équipe d'inspecteurs n'a pas diffusé de communiqué au sujet de sa visite de mercredi.

Le porte-parole des Nations unies à New York, Martin Nesirky, a déclaré à l'Associated Press que l'analyse des inspecteurs serait achevée le plus rapidement possible.

Même s'il se dit opposé «par principe» à une intervention militaire, Lakhdar Brahimi a déclaré que des mesures décisives devraient être entreprises bientôt en Syrie, mais seulement avec l'aval du Conseil de sécurité.

«Le droit international prévoit qu'une action militaire doit être entreprise après une décision du Conseil de sécurité», a-t-il rappelé. «Je sais que le président Obama et l'administration américaine n'agiront pas de façon impulsive. Je ne sais pas ce qu'ils décideront. Mais le droit international est très clair: le Conseil de sécurité doit être impliqué.»

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