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Les inspections de l'ONU reprennent à Damas

28/08/2013 05:04 EDT | Actualisé 27/10/2013 05:12 EDT
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A convoy of United Nations (UN) vehicles leave a hotel in Damascus on August 26, 2013 carrying UN inspectors travelling to the site of a suspected deadly chemical weapon attack the previous week in Ghouta, east of the capital. The Syrian authorities approved the UN inspection of the site, but US officials said it was too little, too late, arguing that persistent shelling there in recent days had 'corrupted' the site. AFP PHOTO / STR (Photo credit should read STR/AFP/Getty Images)

Les experts en armes chimiques de l'ONU ont repris leur travail, mercredi, dans les faubourgs de Damas qui auraient été frappés par une attaque chimique la semaine dernière, mais il leur faudra encore quatre jours pour compléter leur enquête, selon le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

« Ils travaillent très fort, dans des circonstances très très dangereuses », a dit M. Ban lors d'une conférence de presse tenue à La Haye, aux Pays-Bas. « Laissons-les conclure leurs travaux pendant quatre jours, et ensuite nous ferons des analyses scientifiques avec des experts. »

« Ensuite, je crois que nous devrons faire rapport au Conseil de sécurité pour toute action », a-t-il ajouté.

L'équipe d'experts de l'ONU a effectué sa deuxième journée d'inspection mercredi, dans des banlieues de Damas détenues par les opposants au régime du président Bachar Al-Assad.

Après une première sortie mouvementée dans les environs de Damas, lundi, elle avait dû demeurer à son hôtel, mardi, en raison de désaccords entre le régime et les rebelles au sujet des conditions de sécurité entourant leurs déplacements.

« Ils sont parvenus à la ville de Maleiha et sont maintenant escortés par les rebelles », avait préalablement déclaré Salam Mohammed, un membre de l'opposition joint par Reuters.

Lundi, les enquêteurs s'étaient notamment rendus à Mouadimiya, dans le sud-ouest de la capitale. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait fait savoir que les experts avaient pu « visiter deux hôpitaux », « parler à des témoins, des survivants et des médecins » et « recueillir des échantillons ».

Les rebelles accusent le président Al-Assad d'avoir utilisé des roquettes remplies de gaz toxique sur des civils, le 21 août, dans des quartiers de la banlieue de Damas, faisant un grand nombre de morts.

Le régime syrien nie formellement ces allégations, mais cela n'a guère convaincu les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, qui l'accusent ouvertement d'être responsable de cette attaque, et qui discutent de la possibilité d'une intervention militaire dans le pays.

Damas, entre crainte et espoir

À Damas, les forces gouvernementales auraient évacué la plupart des centres de commandement et des bâtiments militaires en vue de cette intervention anticipée, si l'on en croit des habitants de la capitale et des sources proches de l'opposition interrogés par Reuters. 

Selon les mêmes sources, des bâtiments de l'état-major des forces armées, le quartier général de l'armée de l'air et le siège des forces de sécurité auraient notamment évacués en partie. Aucun mouvement massif de matériel militaire n'est cependant signalé.

La vie semble néanmoins suivre son cours dans les quartiers du centre de la capitale épargnés par le conflit. Les commerces sont ouverts, et la circulation bat son plein sur les grandes artères de la ville.

L'appréhension est tout de même palpable. Des résidents de la capitale ont notamment commencé à se constituer des réserves d'eau et de provisions.

« La grande crainte, c'est qu'ils fassent les mêmes erreurs qu'en Libye et en Irak, prédit un quinquagénaire prénommé Ziad. Ils toucheront des cibles civiles et ils clameront que c'était par erreur, mais nous nous ferons tuer par milliers ».

Comme la presse locale, certains habitants de la capitale s'attendent à voir les frappes occidentales débuter avant la fin de la semaine et cesser rapidement.

« Si je le pouvais, je quitterais la ville jusqu'à ce que ce soit terminé. Ce ne sera qu'une question de jours », assure Haïtham, interrogé à Hameh, un quartier du nord de Damas.

Ce fonctionnaire à la retraite hostile à Bachar Al-Assad dresse un parallèle avec les frappes israéliennes de janvier et de mai, qui ont visé un centre de recherche militaire proche de chez lui.

La perspective de telles frappes n'a pas enrayé la routine qui s'organise de longue date autour des coupures de courant et des pénuries alimentaires dues au conflit, mais le sujet alimente abondamment les conversations.

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