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BPC à Pointe-Claire: le gouvernement donnera un tour de vis au ministère de l'Environnement

28/08/2013 12:06 EDT | Actualisé 28/10/2013 05:12 EDT

CARLETON-SUR-MER, Qc - Le gouvernement Marois donnera un tour de vis au ministère de l'Environnement pour agir plus rapidement en cas de danger environnemental.

Le ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet, a dit s'inquiéter du fait qu'une entreprise de Pointe-Claire a pu entreposer illégalement pendant des années des déchets contenant des biphényles polychlorés, des BPC, sans que son ministère ne le sache. Il veut revoir les protocoles de son ministère.

«Je veux savoir pourquoi. Je n'ai pas de diagnostic qui me dit pourquoi une entreprise a pu procéder à de l'entreposage illégal», a-t-il déclaré en point de presse mercredi matin, à Carleton-sur-Mer, en Gaspésie, où le gouvernement est réuni en vue de préparer la rentrée parlementaire de septembre.

La compagnie Les équipements de puissance Reliance a été avisée qu'elle devait retirer les déchets contaminés des lieux. Le ministère a affirmé qu'il avait été mis au courant de la situation seulement après le déversement d'entre 800 et 1200 litres d'huile et d'eau huileuse sur la propriété le 26 mars.

«Qu'une entreprise ait pu se faufiler, cela m'inquiète. (...) Soyez assurés que nous allons revoir ce type de fonctionnement-là. (...) Si c'est un problème d'affectation des ressources, j'y veillerai», a dit le ministre Blanchet.

Il s'est toutefois défendu d'avoir traîné dans ce dossier et d'avoir attendu les révélations de l'affaire dans les médias. Il a assuré que son ministère était actif depuis mars, en suivant ses procédures.

«Nous sommes assujettis à un protocole, à des règles», a-t-il argué. Il a rappelé que six inspections avaient été faites, trois avis de non-conformité émis, une mise en demeure acheminée, en plus d'un avis préalable, qui arrive à échéance mercredi soir.

Maintenant, «j'ai donné un coup d'accélérateur déterminant», a-t-il cependant ajouté.

Si l'entreprise ne se conforme pas, donc, le ministère pourrait faire comme dans le cas de la catastrophe de Lac-Mégantic, c'est-à-dire agir avec une ordonnance. Le ministère prendra le contrôle des opérations, pour sortir les BPC, même s'il faut fermer l'endroit au complet, selon ce qu'a précisé M. Blanchet. Les autorités pourraient prendre une hypothèque légale sur les actifs, pour payer les interventions. En outre, le ministère accumule des renseignements dans le but de transférer le dossier au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Yves-François Blanchet a dit aussi n'avoir pas rendu publiques les informations concernant cet entreposage illégal parce que cela posait des risques mineurs pour la population, après consultation de la Direction de la santé publique.

Quant à savoir s'il y a d'autres entreprises qui se livrent à des activités environnementales clandestines, difficile à dire. M. Blanchet a rappelé qu'elles ne se manifestent pas par elles-mêmes.

Le ministre responsable de la Métropole, Jean-François Lisée, a à ce propos invité les Québécois à la vigilance, à la lumière notamment de la catastrophe ferroviaire de Lac-Mégantic.

«On n'a pas un inspecteur dans chaque usine tout le temps. C'est pourquoi les municipalités avec lesquelles on est en contact, le contexte rendu encore plus vif par Lac-Mégantic, font que la société québécoise doit être encore plus alerte à toutes ces questions-là», a-t-il dit.

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