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Bernard Drainville est satisfait du débat sur les valeurs

28/08/2013 11:24 EDT | Actualisé 28/10/2013 05:12 EDT

CARLETON-SUR-MER, Qc - Le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, s'est montré satisfait, mercredi, par le débat suscité au cours des derniers jours autour de son projet de charte des valeurs québécoises.

Les intentions du gouvernement restent encore à préciser et les critiques envers son projet ont déjà commencé à fuser, mais le ministre s'est montré encouragé par des propositions de la Coalition avenir Québec (CAQ) en faveur de la laïcité.

À l'ouverture d'une réunion de deux jours des députés péquistes en Gaspésie, en prévision de la rentrée parlementaire, M. Drainville a aussi accueilli positivement l'adoption d'une motion, par les élus montréalais, qui demande une laïcité à l'image de Montréal.

Le ministre a de plus rejeté les craintes que la question des accommodements religieux occulte d'autres dossiers comme l'économie.

Aux journalistes, M. Drainville, dont le gouvernement est minoritaire, a déclaré qu'il considère que la CAQ a soumis une base à la discussion en proposant en début de semaine d'interdire le port de signes religieux aux fonctionnaires en position d'autorité.

«Je les sens ouverts d'esprit, je les sens de très bonne volonté et je pense que ça augure très bien pour les discussions qu'on aura par la suite, a-t-il dit. (...) Je pense qu'il y a là la base d'un dialogue.»

La CAQ estime que les policiers, juges, procureurs de la Couronne, gardiens de prison et enseignants ne devraient pas porter de symboles religieux, afin de préserver la neutralité de l'État.

M. Drainville n'a pas donné de détails supplémentaires sur les règles qui pourraient encadrer les demandes d'accommodements religieux. Mais il a répété que l'intention du gouvernement est de déposer une proposition au moment de la rentrée parlementaire, prévue le 17 septembre, qui sera suivie par un projet de loi sur le sujet.

Les critiques envers son projet ont fusé au cours des derniers jours, à la suite de la publication d'un reportage s'appuyant sur des sources anonymes pour exposer que le gouvernement a l'intention d'interdire le port de symboles religieux à tous les employés du secteur public.

Les élus montréalais ont adopté mardi une motion pour inciter l'adoption d'une charte faisant la promotion d'une laïcité ouverte, mais M. Drainville n'a pas relevé d'attaque envers son projet, considérant que cela témoigne plutôt du dynamisme du débat.

«Ce qui est en train de se passer actuellement au Québec, c'est une très belle chose, a-t-il dit. On se rend compte que les élus, les citoyens, s'approprient de plus en plus cette question-là. On voit d'abord que ça les intéresse beaucoup, ils y réfléchissent. Les élus de Montréal y réfléchissent également et je pense que c'est une très belle chose.»

Le ministre a d'ailleurs invité les médias du reste du Canada à prendre acte du fait que le débat s'est déroulé jusqu'ici de manière respectueuse.

«Sur l'allure du débat, jusqu'à maintenant je pense que ça se passe plutôt bien, je pense que les gens réalisent qu'il faut que ça se fasse avec un bon ton, avec un ton respectueux», a-t-il dit.

L'ancien premier ministre péquiste Bernard Landry a dénoncé cette semaine les critiques «minables» et la «dérive méprisante» de la presse anglophone canadienne contre le projet de charte des valeurs québécoises.

Par ailleurs, M. Drainville a soutenu que malgré l'ampleur du débat sur son projet, qui a occupé dernièrement une place importante dans l'actualité, le gouvernement «peut s'occuper des valeurs et de l'économie» simultanément.

Présent avec ses collègues à Carleton-sur-Mer, au centre des congrès où ils sont réunis, le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a affirmé que la priorité du gouvernement demeure toujours la croissance de l'économie et de l'emploi.

«On est capables de faire deux choses en même temps, a-t-il dit. La question identitaire est importante. (...) Ça fait dix jours que ça occupe beaucoup d'espace mais c'est un débat qui a été engagé il y a quelques années et qui ne s'est jamais terminé, qu'on a laissé en plan. Il est temps de tirer des conclusions.»

Avant d'aller rejoindre ses députés réunis dans une salle, la première ministre Pauline Marois est passée en coup de vent, lâchant au passage aux journalistes que le chef libéral Philippe Couillard devrait profiter de la prochaine élection partielle dans la circonscription d'Outremont pour se faire élire à l'Assemblée nationale.

«Bien sûr que je lui lance une nouvelle invitation, il me semble d'ailleurs que ça lui conviendrait particulièrement bien, a-t-elle dit. Il semblait avoir des réticences pour Viau, il ne devrait y en avoir aucune pour Outremont et moi je souhaite que M. Couillard soit à l'Assemblée nationale, c'est là où il doit être comme chef de l'opposition officielle.»

Le député libéral Raymond Bachand a annoncé cette semaine sa démission, ce qui nécessitera une élection dans Outremont. Son départ suit celui de son collègue Emmanuel Dubourg dans Viau. M. Couillard a annoncé son intention de se présenter aux prochaines élections générales dans Roberval, une circonscription dans le giron péquiste.

Le cabinet de Mme Marois a par ailleurs annoncé mercredi la nomination d'un nouvel adjoint parlementaire au ministre de l'Environnement Yves-François Blanchet.

Le député de Bonaventure, Sylvain Roy, sera responsable du volet faune et parcs, reprenant les dossiers de son collègue Scott McKay, qui lui sera désormais chargé de la politique nationale de l'eau.

Scott McKay représente la circonscription de Repentigny.

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