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Irak: Au moins 40 morts dans une vague d'attentats

28/08/2013 06:37 EDT | Actualisé 28/10/2013 05:12 EDT
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A picture taken on August 19, 2013 shows Iraqis gathering near the remains of a vehicle at the scene of a car bomb explosion in Nasiriyah, south of the Iraqi capital Baghdad. Attacks on August 19, that were concentrated in Mosul, a predominantly Sunni Arab city, killed six people in Iraq, as gunmen defied massive government operations to stem some of the worst violence to have hit the country in five years. AFP PHOTO STR (Photo credit should read -/AFP/Getty Images)

BAGDAD (AFP) - Une vague d'attentats coordonnés a frappé mercredi matin Bagdad et ses environs, faisant au moins 40 morts et plus de 140 blessés, alors que l'Irak s'enfonce dans une spirale de violences.

Une dizaine de voitures piégées ont explosé en différents points de la capitale, notamment dans des quartiers à majorité chiite, à une heure où de nombreux habitants se rendaient à leur travail, selon des sources policières et médicales.

Un kamikaze à pied a également déclenché les explosifs qu'il portait sur lui près d'un marché dans le quartier de Kadhimiyah, faisant trois morts et huit blessés.

A Mahmoudiya, à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale, un second kamikaze, au volant d'une voiture piégée, s'est précipité sur un poste de contrôle de police, faisant au moins trois morts et huit blessés.

Et à Madaïn, également au sud de la capitale, un engin explosif a sauté au passage d'une patrouille militaire, faisant quatre morts et trois blessés parmi les soldats.

L'Irak a renoué depuis quelques mois avec le niveau de violences connu en 2008 lorsque le pays sortait à grand peine d'une quasi-guerre civile opposant sunnites et chiites.

Depuis le début 2013, plus de 3.700 personnes ont péri dans des attentats, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources médicales et de sécurité.

La dernière vague d'attaques intervient malgré le renforcement des mesures de sécurité dans la capitale.

L'attentat le plus sanglant s'est produit dans le quartier Jisr al-Diyala, dans le sud-est de Bagdad, où au moins sept personnes ont été tuées et 21 blessées.

D'autres quartiers chiites ont été visés, notamment Kadhimiyah et Sadr City.

Dans le quartier de Shaab, où deux voitures piégées ont explosé, Marwa, une jeune femme de 18 ans, dont l'immeuble a été endommagé par une des déflagrations, accusait les politiciens de ne rien faire face aux attentats.

"Notre maison est en ruines. Et les hommes politiques passent leur temps à se battre pour obtenir des sièges, plutôt que de s'intéresser à nous", a-t-elle déclaré, en pleurs, à l'AFP.

Aucun groupe n'a revendiqué ces attaques, mais des groupes extrémistes sunnites liés à Al-Qaïda sont généralement tenus pour responsables d'attentats visant les chiites.

Ces attentats, estiment les spécialistes, visent à alimenter le conflit confessionnel et à déstabiliser le pays qui peine à retrouver une stabilité politique et sécuritaire, dix ans après l'invasion américaine qui a renversé Saddam Hussein.

La spirale de violences coïncide avec un mécontentement croissant de la minorité sunnite, au pouvoir sous Saddam Hussein, à l'encontre du gouvernement accusé notamment de pratiquer des arrestations arbitraires.

L'ONU et nombre de diplomates ont appelé le gouvernement du Premier ministre chiite Nouri al-Maliki à adopter des réformes pour éviter de marginaliser plus avant les sunnites, au risque de favoriser leur recrutement par les extrémistes.

Mais, en réponse aux violences, le gouvernement a intensifié une campagne contre les insurgés sunnites, procédant à de nombreuses arrestations.

La paralysie de l'appareil politique, associée à une corruption rampante et à une défaillance des services publics, ajoutent par ailleurs à l'exaspération et à la colère des Irakiens.