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Le spectre d'une intervention en Syrie fait grimper le prix du pétrole

27/08/2013 04:20 EDT | Actualisé 27/10/2013 05:12 EDT
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A February 19, 2013 photo shows gas prices at an Exxon station in the Foggy Bottom neighbourhood of Washingon, DC. US gas prices at the pumps have risen for over 30 days consecutively to a four-month high. According to the AAA, the national average for a gallon of regular gas is $3.748. AFP PHOTO/Mandel NGAN (Photo credit should read MANDEL NGAN/AFP/Getty Images)

NEW YORK (AFP) - La Syrie produit à peine quelque milliers de barils de pétrole par jour mais la perspective d'une intervention internationale contre ce pays fait grimper les prix du brut, les investisseurs craignant que la situation ne déstabilise l'ensemble du Moyen-Orient.

Une attaque armée contre Damas, quelle que soit sa forme, "n'affectera probablement pas directement plus qu'actuellement l'approvisionnement en brut", relèvent les analystes de Barclays.

La Syrie n'a jamais été un grand pays producteur d'or noir. Avant le début de la crise en mars 2011, elle extrayait environ 380 000 barils de brut par jour. Début août, après plus de deux ans de guerre civile, ce chiffre est tombé à 39 000 barils par jour.

Mais ce que redoute le marché, c'est que le conflit en Syrie ne cristallise des enjeux beaucoup plus larges. Alors que l'idée d'une frappe contre le régime syrien par Washington et ses alliés se précisait mardi, le baril du pétrole coté à New York, le WTI, s'est adjugé plus de 3 dollars, grimpant à son plus haut en 18 mois. Celui du Brent, échangé à Londres, s'est lui hissé à un niveau plus atteint depuis février.

"Quelques-uns des plus importants acteurs du marché énergétique mondial sont impliqués dans ce conflit avec d'un côté la Russie, la Chine et l'Iran et de l'autre les Etats-Unis, l'Europe et l'Arabie saoudite", rappelle Phil Flynn, analyste spécialiste de l'énergie à Price Futures Group. "Si la situation dégénère en un conflit élargi, un baril à 125 ou 135 dollars n'est pas à exclure", estime-t-il.

Déjà les exportations de pétrole en Irak, le deuxième producteur de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), pâtissent des violences, la Syrie étant devenue "la base arrière pour des militants d'Al-Qaida souhaitant lancer des attaques contre l'Irak", soulignent les experts de Barclays. Parmi leurs cibles régulières: l'oléoduc reliant Kirkouk à Ceyhan, en Turquie.

Le marché est d'autant plus sensible aux tensions en Syrie qu'elles s'ajoutent à d'autres situations qui perturbent actuellement l'offre de brut dans la région où est produite un tiers du pétrole mondial, qu'il s'agisse des sanctions imposées par les Occidentaux à l'Iran ou des grèves qui affectent grandement les exportations en Libye.

Mais à court-terme, les analystes anticipaient surtout une montée temporaire des prix au moment du lancement d'une éventuelle attaque.

"On pourrait alors voir le baril prendre soudainement 5 à 10 dollars", estime Mike Wittner, de la Société Générale. "Ensuite, le marché attendra de voir ce qui se passe, quelle est la réaction de l'Iran, quel est le potentiel de perturbations sur la production dans la région", avance-t-il.

Si une intervention internationale devait se prolonger, plusieurs éléments pourraient selon lui alléger les craintes des investisseurs et limiter la montée des cours: "L'Agence internationale de l'énergie (AIE) pourrait par exemple indiquer qu'elle se tient prête à puiser dans ses réserves stratégiques, l'Arabie saoudite pourrait augmenter ses capacités de production."

De plus, remarque Phil Flynn, "historiquement les prix du pétrole ont tendance à redescendre après une flambée de ce genre, les investisseurs obéissant à la règle +on achète quand la rumeur enfle, on vend quand l'événement se passe+".

"C'est exactement ce qui s'est passé au moment de la première guerre du Golfe" en 1990, rappelle-t-il. "Les prix du pétrole ont grimpé juste avant le début de l'attaque et sont redescendus dès que les premières bombes sont tombées sur l'Irak."

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