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Syrie: Obama et Harper ont discuté de l'attaque chimique présumée au téléphone

27/08/2013 02:05 EDT | Actualisé 27/10/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Le premier ministre Stephen Harper et le président américain, Barack Obama, se sont entendus mardi sur le fait que l'utilisation présumée d'armes chimiques en Syrie nécessitait une «réponse ferme», sans toutefois préciser ce qu'une telle réponse pourrait impliquer.

Les deux leaders ont discuté de la situation au téléphone alors que la possibilité d'une intervention militaire menée par les États-Unis contre le régime de Bachar el-Assad semblait de plus en plus inévitable et que le secrétaire à la Défense des États-Unis, Chuck Hagel, déclarait que les forces armées américaines étaient prêtes à lancer l'assaut dès qu'elles en recevraient l'ordre.

Le bureau de M. Harper a affirmé que le premier ministre était d'accord avec les conclusions de Washington selon lesquelles le gouvernement syrien a utilisé des armes chimiques contre sa propre population et a soutenu qu'il s'agissait d'un geste atroce.

«Les deux dirigeants se sont entendus sur le fait que le recours aux armes chimiques exige une réponse ferme, efficace et prompte de la part de la communauté internationale», a indiqué Andrew MacDougall, un porte-parole de Stephen Harper.

Selon l'administration Obama, les deux hommes ont promis de continuer à se consulter au sujet des réponses potentielles à l'attaque alléguée.

Les États-Unis et leurs alliés envisagent une intervention militaire même si les enquêteurs envoyés par les Nations unies en Syrie n'ont toujours pas confirmé que des armes chimiques avaient été utilisées dans le pays déchiré par la guerre civile.

MM. Harper et Obama ont aussi parlé de l'enquête lancée par l'ONU.

«Les deux dirigeants ont souligné les tentatives de la part du régime syrien pour retarder le travail de l'équipe d'inspection de l'ONU, laissant entendre que le régime essayait de dissimuler les preuves», a révélé M. MacDougall.

Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a appelé les leaders de l'opposition afin de discuter de l'évolution rapide de la crise entourant le recours aux armes chimiques en Syrie.

Son bureau a toutefois soutenu qu'il était encore trop tôt pour réunir le Parlement afin de parler d'intervention militaire.

M. Baird s'est d'abord entretenu avec le chef de l'Opposition officielle, le néo-démocrate Thomas Mulcair, qui a insisté sur le fait que les députés devaient être consultés en cas d'implication directe du Canada dans une opération militaire.

En Grande-Bretagne, le premier ministre David Cameron a organisé un vote d'urgence au Parlement jeudi sur une éventuelle riposte à l'attaque aux armes chimiques en Syrie.

Le président français François Hollande a pour sa part annoncé que son pays était prêt à châtier les responsables. «Le massacre chimique de Damas ne peut rester sans réponse, et la France est prête à punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents», a-t-il rappelé mardi.

La Ligue arabe a également blâmé le régime de Bachar el-Assad pour la présumée attaque chimique survenue la semaine dernière, qui aurait tué des centaines de personnes selon des activistes.

De son côté, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al-Moallem, a nié les accusations contre son gouvernement et mis Washington au défi de prouver ses allégations.

L'administration Obama a déjà déclaré qu'il y avait des preuves «indéniables» de l'implication du régime syrien dans l'attaque. Des responsables américains avaient prévu faire une déclaration plus formelle mardi liant le gouvernement syrien à l'assaut, mais la publication du rapport des services de renseignement semble avoir été repoussée à plus tard cette semaine, pour des raisons qui n'ont pas été précisées.

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