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La Syrie accuse Kerry de mentir au sujet des armes chimiques

27/08/2013 06:19 EDT | Actualisé 27/10/2013 05:12 EDT
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Beirut, LEBANON: (FILES) -- File picture dated 01 February 2005 shows Syria's Walid Mouallem during a visit to the Lebanese capital Beirut. Syria's new Foreign Minister Walid Muallem, who has taken over from long-serving Faruq al-Shara, is a skilled career diplomat and expert in international politics regarded as a relative moderate. Muallem, 65, was deputy foreign minister from January 2005 up to his appointment 11 February 2006, replacing the man who for more than two decades held the foreign portfolio before being named Syrian vice president. AFP PHOTO/JOSEPH BARRAK (Photo credit should read JOSEPH BARRAK/AFP/Getty Images)

WASHINGTON - Le président français a annoncé mardi que son pays se préparait à agir contre les responsables de l'attaque chimique alléguée en Syrie, tandis que le secrétaire américain à la Défense a déclaré que les forces américaines se tenaient prêtes à intervenir quand le président Barack Obama leur en donnera l'ordre.

La France, les États-Unis et plusieurs autres pays semblent de plus en plus convaincus de la responsabilité du régime de Bachar el-Assad dans l'attaque près de Damas la semaine dernière, qui aurait fait des centaines de morts, dont de nombreux enfants.

L'administration Obama a déjà déclaré qu'il y avait des preuves «indéniables» de l'implication du régime syrien dans l'attaque. Des responsables américains avaient prévu faire une déclaration plus formelle mardi liant le gouvernement syrien à l'attaque, mais la publication du rapport des services de renseignement semble avoir été repoussée à plus tard cette semaine, pour des raisons qui n'ont pas été précisée.

L'an dernier, Barack Obama avait affirmé qu'une attaque chimique en Syrie représenterait une «ligne rouge» qui pourrait changer le cours du conflit.

Les États-Unis et leurs alliés européens semblent préparer la réaction la plus énergique de la communauté internationale depuis le début de la guerre en Syrie, il y a plus de deux ans. Mais en date de mardi matin, le président Obama n'avait pas encore décidé de quelle façon les États-Unis réagiront à l'attaque alléguée, ont indiqué des responsables.

La France semble plus déterminée. Selon le journal «Le Parisien», le président François Hollande a discuté avec Barack Obama dimanche et lui a dit que la France, tout comme le Royaume-Uni, est prête à appuyer une intervention militaire ciblée en Syrie.

Lors d'une conférence de presse mardi avec les ambassadeurs en poste à Paris, M. Hollande a déclaré que la France était prête «à punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents».

«Tout porte à croire que c'est le régime qui a commis cet acte abject qui le condamne définitivement aux yeux du monde», a déclaré M. Hollande. «Le massacre chimique de Damas ne peut rester sans réponse.»

M. Hollande a annoncé que la France renforcerait son appui au Conseil national syrien, le principal regroupement de l'opposition en exil, mais n'a pas dit quelles mesures il avait l'intention de prendre en vue d'une intervention militaire internationale en Syrie.

Lundi, toutefois, le président français avait affirmé que le temps était compté pour le régime syrien et que les frappes aériennes étaient une possibilité.

«Tout se jouera cette semaine», a-t-il déclaré au «Parisien». «Il y a plusieurs options sur la table, qui vont du renforcement des sanctions internationales aux frappes aériennes, en passant par l'armement des rebelles.»

Une éventuelle intervention militaire internationale en Syrie ne devrait pas commencer avant jeudi, au plus tôt. Ce jour-là, le premier ministre britannique, David Cameron, convoquera une réunion d'urgence du Parlement, où les députés devraient être appelés à voter sur une motion ouvrant la voie à une réponse britannique à l'attaque chimique alléguée en Syrie.

Le président Obama a également discuté du dossier syrien mardi avec le premier ministre du Canada, Stephen Harper. M. Obama s'est aussi entretenu avec le premier ministre australien au cours des derniers jours.

Une éventuelle réponse militaire de la communauté internationale en Syrie impliquerait des tirs de missiles de croisière contre des cibles militaires syriennes, menés à parti des navires de guerre américains déjà déployés en Méditerranée. La Maison-Blanche étudie les justifications juridiques pour entreprendre de telles mesures sans l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU, où la Russie, un important allié du régime syrien, risque d'opposer son veto.

L'Italie a fait valoir mardi que toute frappe en Syrie devrait d'abord être autorisée par le Conseil de sécurité. La ministre des Affaires étrangères, Emma Bonino, a déclaré devant le Parlement que l'attaque chimique alléguée était un «crime de guerre», mais que son gouvernement ne soutiendrait pas une campagne militaire qui ne serait pas autorisée par l'ONU.

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al-Moallem, a déclaré mardi que son pays se défendrait «par tous les moyens possibles» contre une frappe américaine. Le ministre a nié toute responsabilité de son gouvernement dans l'attaque chimique et demandé aux États-Unis au défi de présenter des preuves pour soutenir ces allégations.

Lors d'une conférence de presse à Damas, il a lié les accusations américaines aux allégations sur les armes de destruction massives en Irak avant l'invasion du pays par les États-Unis, en 2003. L'existence de ces armes s'était finalement révélée fausse.

«Ils ont une histoire de mensonges — l'Irak», a affirmé M. Al-Moallem. «Je mets au défi ceux qui accusent nos forces d'avoir utilisé ces armes de présenter des preuves. (...) Nous avons les moyens de nous défendre et nous surprendrons tout le monde.»

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