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Poursuivi pour fraude, Donald Trump défend son université

26/08/2013 05:27 EDT | Actualisé 26/10/2013 05:12 EDT

Le milliardaire américain Donald Trump a piqué une colère et défendu bec et ongle lundi l'université qu'il a créée pour les futurs entrepreneurs, à la suite de poursuites pour fraude intentées contre lui et son institution par l'État de New York.

Le procureur de New York, Daniel Schneiderman, a annoncé le week-end dernier des poursuites contre Trump et son université, les accusant d'avoir escroqué plus de 5000 personnes pour un montant de 40 millions de dollars entre 2005 et 2011.

La Trump University promettait d'apprendre à ses étudiants les techniques d'investissement immobilier de Donald Trump. Elle n'avait jamais obtenu de licence et avait été rebaptisée en 2010 The Trump Entrepreneur Institute, après que les autorités lui eurent signifié qu'elle violait la loi.

D'anciens étudiants disent avoir assisté à des cours et séminaires qui ne servaient à rien, alors qu'ils s'attendaient à recevoir une formation de qualité donnée par des experts.

Trump pique une colère

Le flamboyant homme d'affaires et personnalité médiatique a piqué une colère, accusant le procureur d'être un « abruti » et un « minable » sur Twitter et dans plusieurs entrevues télévisées diffusées lundi.

Il l'a aussi accusé d'être un politicien sans scrupule en quête de publicité, en soulignant qu'avant de le poursuivre, il l'avait sollicité pour une contribution financière à sa campagne. Les procureurs sont en effet élus aux États-Unis.

Le magnat de l'immobilier, farouche détracteur de l'administration Obama, a également souligné que les poursuites avaient été engagées après que M. Schneiderman - également un démocrate - eut rencontré jeudi le président américain.

Donald Trump a même créé un site Internet, 98percentapproval.com, pour « attirer l'attention du public sur l'incompétence grossière » du procureur. Il y évoque une « chasse aux sorcières » et affirme que 98 % des personnes ayant fréquenté son université s'en sont dites satisfaites.

De son côté, le procureur Schneiderman a répliqué que Trump réagissait comme n'importe quelle personne qui commet une fraude et se fait prendre, en essayant d'accuser les autres.

« Personne, peu importe sa richesse ou sa popularité, n'a le droit d'escroquer les New-Yorkais qui travaillent fort », a dit le procureur à l'Associated Press, samedi, après le dépôt de la poursuite.

Le procureur n'a toutefois pas précisé s'il avait sollicité des dons de la part de Donald Trump au cours de l'enquête sur l'Université, qui a duré deux ans.

Donald Trump, 67 ans, qui a construit sa fortune dans l'immobilier, a été tour à tour républicain, démocrate et indépendant, puis à nouveau républicain, et avait en 2011 envisagé de se présenter à la présidentielle américaine avant d'y renoncer.

Il a lancé il y a quelques années son émission de télé-réalité, The Apprentice, où des participants passent des entretiens d'embauche constitués d'épreuves pour tenter d'avoir un poste bien rémunéré au sein de son entreprise.

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