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L'ONU rencontre des victimes de la présumée attaque chimique en Syrie

26/08/2013 06:25 EDT | Actualisé 26/10/2013 05:12 EDT

DAMAS, Syrie - Des experts de l'ONU ont prélevé des échantillons et reçu des témoignages de médecins syriens et de victimes d'une présumée attaque à l'arme chimique lundi, après un voyage mouvementé sur un territoire disputé par les forces loyalistes et forces rebelles, où le convoi a été attaqué par des tireurs embusqués lundi matin.

Alors que les États-Unis confirment l'utilisation d'armes chimiques par le gouvernement syrien et que les pays occidentaux soutiennent de plus en plus les options militaires, le régime du président Bachar el-Assad a juré qu'il se défendrait contre une attaque internationale, prévenant qu'une telle intervention raviverait les tensions dans la région.

Cela rapprocherait aussi les États-Unis d'un conflit qui a déjà tué plus de 100 000 personnes depuis que le président a commencé la répression des manifestants durant le Printemps arabe de la Syrie, en mars 2011.

Le soutien international à une intervention militaire grandirait vraisemblablement si l'utilisation d'armes chimiques par le gouvernement sur des civils dans la banlieue de Damas se voyait confirmée. Le bilan du groupe Médecins sans frontières est établi à 355 morts.

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a déclaré lundi que des armes chimiques ont été utilisées en Syrie, et il accuse le président Bachar el-Assad de détruire les preuves. Il affirme que les États-Unis possèdent des informations additionnelles à propos de l'attaque, et qu'ils les dévoileront dans les prochains jours.

«Le massacre injustifié de civils, le meurtre de femmes et d'enfants et d'innocents passants par des armes chimiques est une obscénité morale. De tous points de vue, c'est inexcusable et, malgré les excuses et quiproquos véhiculés par certains, c'est indéniable», a déclaré M. Kerry, le plus haut-placé américain à confirmer l'attaque.

«Cette norme internationale ne peut être violée sans conséquences.»

M. Assad nie avoir utilisé des armes chimiques, rejette plutôt le blâme sur les forces rebelles et a autorisé une équipe d'experts scientifiques de l'ONU, qui se trouvaient déjà en Syrie pour enquêter sur d'autres présumées attaques chimiques qui ont eu lieu il y a quelques mois, à faire la lumière sur les événements de mercredi dernier. Les États-Unis jugent toutefois que cette permission est venue «trop tard pour être crédible».

M. Kerry juge que bombarder la zone touchée à la suite de l'attaque n'était pas digne d'un gouvernement qui souhaitait coopérer avec les enquêteurs de l'ONU, qui tentent d'éclaircir ce qui s'est passé.

Des tireurs embusqués ont ouvert le feu sur le convoi de l'ONU alors qu'il se rendait sur les lieux de l'attaque, lundi matin, touchant un des véhicules.

Martin Nesirky, un porte-parole du secrétaire général de l'ONU, a affirmé que l'un des véhicules avait été «délibérément touché à plusieurs reprises» dans la zone-tampon entre le territoire des rebelles et celui du gouvernement.

M. Nesirky a détaillé que les pneus et le pare-brise ont été touchés, mais que les fenêtres n'avaient pas été brisées. L'équipe prévoit retourner sur les lieux mardi, pour prélever davantage d'informations.

Les rebelles et le gouvernement se renvoient aussi la balle pour cette attaque.

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