POLITIQUE

L'ex-ministre libéral des Finances, Raymond Bachand, quitte la vie politique (VIDÉO)

26/08/2013 09:16 EDT | Actualisé 26/10/2013 05:12 EDT

QUÉBEC - Désireux de passer à autre chose, le député libéral et ex-ministre des Finances du Québec Raymond Bachand quitte la vie politique.

Après avoir réfléchi à son avenir pendant les beaux jours de l'été, M. Bachand, qui aura 66 ans en octobre, a conclu qu'il était temps de retourner dans la sphère privée. Il accrochera officiellement ses patins avant la rentrée parlementaire prévue le 17 septembre.

«J'ai été dans le secteur privé, je ne suis pas un politicien de carrière. Cela fait huit ans que je fais ce métier et je sens le besoin de changer. C'est un métier passionnant mais c'est un métier de 80 heures pas semaine, sept jours par semaine, qui ne laisse aucun temps pour un grand-papa de s'occuper de sa petite fille, aucun temps pour à peu près rien d'autre. J'ai aimé ça, je l'ai choisi (ce métier) mais je n'envisageais pas, dans ma réflexion de cet été qui est arrivée à son terme, de faire ça pour un autre quatre ans», a-t-il expliqué en conférence de presse, lundi.

M. Bachand a été élu à l'Assemblée nationale pour la première fois aux élections partielles de décembre 2005. Il a dirigé les ministères du Développement économique et du Tourisme avant de devenir titulaire des Finances de janvier 2009 jusqu'au scrutin général de 2012. Il a aussi été responsable de la région de Montréal de 2008 à 2012. Sur les banquettes de l'opposition, il assumait le rôle de porte-parole libéral en matière de finances.

Le député démissionnaire a connu une défaite cinglante dans la campagne à la succession de Jean Charest à la direction du Parti libéral Québec (PLQ) il y a quelques mois. Il a terminé au troisième rang en mars dernier avec moins de 20 pour cent des voix, loin derrière le vainqueur Philippe Couillard et le député de Châteauguay, Pierre Moreau, que les observateurs considéraient pourtant comme le candidat négligé. Profondément blessé par ce résultat, M. Bachand est néanmoins revenu en Chambre au printemps afin, a-t-il dit, d'assurer «l'unité du parti» et pour défendre les orientations de son budget de mars 2012.

«Une telle course, vous pouvez vous en douter, change à tout jamais pour celui qui la mène sa relation avec la vie politique. Je n'ai pas quitté en avril dernier par sens du devoir», a-t-il précisé.

M. Bachand a nié tout différend avec le vainqueur de la campagne. Philippe Couillard «fera un excellent premier ministre du Québec», a-t-il prédit.

Comme son ancien collègue de la circonscription de Viau, Emmanuel Dubourg, qui a annoncé sa démission le 9 août pour tenter sa chance au fédéral, M. Bachand abandonne son siège en plein coeur de son mandat, moins d'un an après avoir été réélu. Son départ coûtera quelque 600 000 $ aux contribuables pour la tenue d'un scrutin complémentaire dans Outremont.

À l'instar de M. Dubourg, l'ancien ministre des Finances n'entend pas renoncer à son allocation de transition _ que la Ligue des contribuables du Québec évalue à 150 000 $.

«Je suis très à l'aise avec les choix que j'ai faits. Vous ne m'avez jamais entendu parler de la rémunération des députés, qui est considérablement moindre de ce que j'avais avant. C'est un choix que j'ai fait et je l'assume. Mais dans les conditions qui m'étaient offertes, il y avait cette allocation de transition. (...) Tous les chefs du Parti québécois, tous, ont touché cette allocation de transition en cours de mandat. François Legault aussi. Ça fait partie depuis 30 ans des conditions de travail des députés», a fait valoir M. Bachand.

S'il renonce à la politique, M. Bachand ne renonce pas au marché du travail. Pour la suite de sa carrière, il souhaite oeuvrer auprès des entreprises et siéger dans des conseils d'administration. Jusqu'ici, il assure ne pas avoir reçu d'offre.

«J'ai passé ma vie chez Métro Richelieu, au Fonds de solidarité, chez SECOR à conseiller des entreprises. Peut-être que je serai chez moi ou dans une société d'avocats ou de comptables pour conseiller des entreprises et des organisations du Québec», a-t-il dit.

En réaction, le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a tenu à rendre hommage à son prédécesseur au nom du gouvernement Marois.

«Raymond Bachand aura été un parlementaire efficace, avec qui il était intéressant de débattre sur différents enjeux de finances publiques et d’économie. Sa grande connaissance du monde des affaires a été précieuse pour tous les parlementaires qui auront eu l’occasion de travailler avec lui à l’Assemblée nationale», a déclaré le ministre dans un communiqué.

À titre de ministre des Finances, M. Bachand a donné un élan à la lutte contre l’évasion fiscale et aux fraudes financières. Il a aussi défendu les intérêts du Québec dans le dossier des valeurs mobilières, a rappelé M. Marceau.

De son côté, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a déclaré que le départ de M. Bachand laissera un grand vide dans l'équipe économique libérale.

«C'est quelqu'un qui avait une expérience pratique. On n'était pas toujours d'accord, mais ça nous arrivait d'être d'accord. Il faut souligner son engagement de plusieurs années. Évidemment que ça affaiblit de façon importante l'équipe économique du Parti libéral», a-t-il dit.

Quant à M. Couillard, il a tenu à remercier «sincèrement» M. Bachand «pour son engagement constant au sein du PLQ».

«À titre de député et de ministre, il a apporté une contribution significative au développement économique du Québec. Il a joué un rôle majeur dans l'élaboration de politiques gouvernementales qui ont permis au Québec de traverser la pire crise financière du siècle. M. Bachand possède de grandes qualités humaines qui font de lui un homme de coeur, d'actions et de résultats», a souligné le chef libéral.

En tirant sa révérence, M. Bachand laisse vacante la circonscription d'Outremont, un comté sûr et fort convoité, susceptible d'attirer des recrues de choix pour les libéraux en prévision du prochain scrutin.

M. Couillard a confié à Pierre Paradis le rôle de porte-parole en matière de finances.

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